Expulsion de jihadistes: le RN pour un « refus définitif » de la Turquie dans l’UE
Des responsables du Rassemblement national ont appelé mardi l'Union européenne à adresser un "refus définitif" à une potentielle...

Expulsion de jihadistes: le RN pour un « refus définitif » de la Turquie dans l’UE

Des responsables du Rassemblement national ont appelé mardi l'Union européenne à adresser un "refus définitif" à une potentielle...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Des responsables du Rassemblement national ont appelé mardi l'Union européenne à adresser un "refus définitif" à une potentielle adhésion à l'UE de la Turquie, qui a commencé lundi à expulser des jihadistes étrangers, et suggéré de suspendre également ce pays de l'Otan.

"Face à l'attitude de la Turquie, adoptons la FERMETÉ: suspension de l'Otan, fin du versement des milliards d'euros au titre de la pré-adhésion à l'UE et refus définitif de son entrée dans l'UE. L'argent des contribuables européens n'a pas à financer le régime d'Erdogan !", a écrit sur Twitter la présidente du RN Marine Le Pen.

Ankara a commencé lundi à expulser des membres étrangers du groupe EI qu'elle détient, notamment des Français et des Allemands. A Paris, le Quai d'Orsay a rappelé que des jihadistes et leurs familles sont régulièrement renvoyés en France depuis la Turquie et arrêtés à leur descente d'avion.

"Nous, on ne veut pas de retour du tout", avait tweeté lundi soir la cheffe du RN au sujet de ces jihadistes.

"Le chantage du sultan islamiste M. Erdogan est insupportable. L'Union européenne doit adresser un refus ferme et définitif à la Turquie d'entrer dans l'UE et arrêter de verser des millions et des milliards à la Turquie chaque année" dans le cadre du processus de préadhésion et du contrôle des flux migratoires par Ankara, a réclamé sur France 2 Jordan Bardella, vice-président du RN.

Ankara est candidate à l'adhésion à l'UE depuis 1987 mais les négociations sont actuellement au point mort. La Turquie accueille plus de quatre millions de réfugiés, dont quelque 3,6 millions de Syriens ayant fui le conflit qui déchire leur pays depuis 2011. Le flux de passages vers l'Europe s'est tari à la faveur d'un accord conclu en 2016 entre Ankara et l'UE. Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan menace depuis plusieurs semaines d'"ouvrir les portes" aux candidats à l'exil.

Selon l'eurodéputé et membre de la direction du RN Nicolas Bay, M. Macron et le gouvernemennt "subissent le chantage de la Turquie" qui ne peut pas adhérer à l'UE parce que "la Turquie n'est européenne ni par son histoire, ni par sa culture, ni par sa géographie, ni par la politique qu'elle mène aujourd'hui".

Le président turc "menace l'Europe depuis des années, l'Europe se couche" et, "ce qui est incroyable, c'est qu'on continue à donner des milliards d'euros à la Turquie", a abondé sur Public Sénat Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.

A propos des jihadistes, il a dit s'attendre, s'ils sont jugés en France, à de "petites peines comme d'habitude alors que s'ils étaient jugés en Syrie ou en Irak ce serait terminé".

Les renvois de jihadistes par la Turquie surviennent dans la foulée d'une offensive menée par Ankara dans le nord-est de la Syrie, vivement critiquée par l'Occident car elle a visé les forces kurdes alliées de la coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Expulsion de jihadistes: le RN pour un « refus définitif » de la Turquie dans l’UE
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

Expulsion de jihadistes: le RN pour un « refus définitif » de la Turquie dans l’UE
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le