Facebook : « Nous voulions que Zuckerberg rende des comptes » estime Catherine Morin-Desailly
Catherine Morin-Desailly, sénatrice de la Seine-Maritime et Présidente de la commission de la culture, était l’invitée de Sénat 360. La sénatrice est revenue sur son voyage à Londres, avec des délégués de 9 pays, pour demander l’audition de Mark Zuckerberg dans le cadre des différents scandales qui ont écorné l’image de Facebook.

Facebook : « Nous voulions que Zuckerberg rende des comptes » estime Catherine Morin-Desailly

Catherine Morin-Desailly, sénatrice de la Seine-Maritime et Présidente de la commission de la culture, était l’invitée de Sénat 360. La sénatrice est revenue sur son voyage à Londres, avec des délégués de 9 pays, pour demander l’audition de Mark Zuckerberg dans le cadre des différents scandales qui ont écorné l’image de Facebook.
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Par Marion D'Hondt

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La sénatrice s’exprime sur la visite d’une délégation de 9 pays, devant le parlement britannique, pour demander l’audition du patron de Facebook. Elle précise que les délégués voulaient « entendre Mark Zuckerberg sur le scandale Cambridge Analytica, dévoilé il y a quelques mois. » Cette affaire a vu les données de 87 millions d’utilisateurs captées par la société Cambridge Analytica et réutilisées à des fins politiques.

Pour Catherine Morin-Desailly, « cet immense scandale justifie que le Congrès américain et le Parlement européen exigent l’audition de Zuckerberg. » Pour la sénatrice, les précédentes auditions ont été « peu satisfaisantes » car « Marc Zuckerberg a botté en touche. » Cela justifie, selon elle, que les parlements nationaux s’emparent du sujet. Les délégués voulaient interroger Zuckerberg sur une nouvelle enquête révélée par le New-York Times en novembre. Cette enquête « démontre que Zuckerberg était au courant avant 2016 qu’il y avait des problèmes sur le réseau » et que « les Russes intervenaient de façon massive dans la perspective de déstabiliser les élections. »

Malheureusement, la délégation londonienne a fait chou blanc. Marc Zuckerberg n’est pas venu et a envoyé son second, Richard Allan, vice-président de Facebook et responsable de la politique publique. La sénatrice considère que « les réponses de M. Allan ont été peu satisfaisantes face à l’immense scandale. »

« Le phénomène est d’ampleur mondiale »

Pour Catherine Morin-Desailly, le phénomène « préoccupe tous les pays parce qu’il y a des dérives avérées de pratiques anti-démocratiques. » Pour elle, « les plateformes ont un rôle à jouer dans tout ça », mais, dans la configuration actuelle, « le régime juridique est l’irresponsabilité totale. » La cause de cette irresponsabilité est la directive e-commerce de 2000. Le Sénat a ainsi proposé de rouvrir cette directive. La sénatrice a déposé une proposition de résolution dans ce sens, qui a été votée à l’unanimité par les deux commissions affaires économiques et européennes.

« Je compte sur le gouvernement pour faire avancer cette cause à Bruxelles. »

Catherine Morin-Desailly considère que « Marc Zuckerberg est en défaut » et que « Richard Allan a confié qu’il y avait eu des manquements suffisamment graves pour qu’il y ait une perte de confiance des utilisateurs. » Elle dénonce « une atteinte à la démocratie et aux principes démocratiques. » Pour elle, « Facebook laisse faire les puissances étrangères qui peuvent influencer l’opinion » ce qui est un vrai sujet éthique.

« Quelle éthique dans le traitement des données ? »

La sénatrice rappelle que les plateformes comme Facebook « sont gérées par des algorithmes qui sont opaques, dont on ne peut pas connaître la recette, qui ont pour seul but de générer du clic et de la recette publicitaire. » Pour elle, « Facebook est tout sauf un milieu philanthropique, ce sont des hommes d’affaires qui cherchent à gagner de l’argent. »

« Il faut se prémunir de toutes ces dérives périlleuses »

Elle pose la question : « Est-ce que Facebook est prêt à réfléchir à un nouveau modèle de l’internet qui serait beaucoup plus vertueux ? » Pour elle, Marc Allan s’est contenté de botter en touche. La sénatrice constate toutefois une régulation de Facebook en interne, mais plus sous la pression des actionnaires que des utilisateurs. Cette autorégulation « est arrivée contrainte et forcée suite aux scandales. […] Les scandales ont fait dévisser en bourse Facebook et c’est sous cette pression que l’entreprise réagit. »

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