Fiscalité « des riches » : la commission des finances du Sénat demande les informations à Bercy
Le président PS de la commission des finances du Sénat, Vincent Eblé, a écrit à Bruno Le Maire et Gérald Darmanin pour leur demander de lui transmettre les informations sur l’impact des mesures fiscales du gouvernement. « A défaut de quoi, je me rendrai moi-même à Bercy pour aller chercher ces éléments » prévient le sénateur.

Fiscalité « des riches » : la commission des finances du Sénat demande les informations à Bercy

Le président PS de la commission des finances du Sénat, Vincent Eblé, a écrit à Bruno Le Maire et Gérald Darmanin pour leur demander de lui transmettre les informations sur l’impact des mesures fiscales du gouvernement. « A défaut de quoi, je me rendrai moi-même à Bercy pour aller chercher ces éléments » prévient le sénateur.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’appel publié dans Libération et signé par plus de 100 parlementaires PS, PCF et France insoumise pour demander au gouvernement de « rendre public l'impact de ses mesures fiscales sur les Français les plus riches » n’a pas été signé par le président PS de la commission des finances du Sénat, Vincent Eblé. Comme à l’Assemblée, le poste revient à un membre du premier groupe d’opposition.

« J’ai le pouvoir particulier d’obtenir ces informations »

Il s’en explique auprès de publicsenat.fr. S’il est d’accord sur le fond, ses prérogatives lui permettre d’accéder à ces informations. « Il m’a été proposé de signer l’appel. J’ai décliné, non pas que je sois hostile à cet appel, bien au contraire, je le soutiens totalement. Mais comme président de la commission des finances du Sénat, j’ai le pouvoir particulier d’obtenir ces informations en provenance des ministères. J’ai aussi le pouvoir d’aller les chercher. C’est le contrôle sur pièce ou sur place. Il m’a semblé inopportun de signer l’appel en raison de la responsabilité particulière qui est la mienne et les pouvoirs qui me sont accordés » explique Vincent Eblé.

Il annonce à publicsenat.fr avoir formellement fait cette demande d’information à Bercy. « J’ai signé deux courriers hier : l’un à destination de Bruno le Maire et un pour Gérald Darmanin, leur demandant des éléments circonstanciés. C’est un courrier assorti d’un questionnaire détaillé pour avoir des éléments sur ces questions de conséquence fiscale pour les catégories de très haut patrimoine et de très hauts revenus. La note a été préparée par les techniciens de la commission. Elle est très précise » explique le président de la commission des finances. Il s’agit « de voir si les effets sont homogènes ou s’il y a des biais, des distorsions ».

Le sénateur de Seine-et-Marne espère « un délai raisonnable, de l’ordre d’une semaine, pour avoir une réponse ». « A défaut de quoi, je me rendrai moi-même à Bercy pour aller chercher ces éléments d’information » prévient Vincent Eblé.

« Le ministre dit que cela relève du secret fiscal. Mais en aucun cas »

Il réservera ces éléments aux membres de la commission des finances « qui ont besoin d’être éclairés pour exercer intelligemment leurs réponses ». Mais Vincent Eblé n’exclut de rendre public certains chiffres.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, oppose lui le secret fiscal à la demande de transparence. Une réponse qui ne tient pas, estime Vincent Eblé. « Le ministre dit que cela relève du secret fiscal. Mais en aucun cas » selon le président de la commission des finances. « Je peux demander des informations, même nominatives. Là par contre, je suis tenu au secret fiscal pour les personnes physiques ou morales » précise le sénateur PS. Mais la réforme de l’ISF et la « flat tax », mises en cause par les signataires de l’appel, pourraient échapper à cette règle. Reste une incertitude, reconnaît Vincent Eblé : « A partir du moment où on arrive sur des effectifs très faibles de contribuables. Est-ce que les informations relèvent du secret fiscal ? Ça nous obligera à une certaine prudence ».

Mais pas de quoi empêcher le socialiste de parler aux médias. « Je ne m’interdis pas de le faire, évidemment. L’intérêt est d’alimenter la réflexion politique ». Une capacité à obtenir des informations qui suscite un certain intérêt aujourd’hui : « Je suis le seul à  gauche à disposer de ce pouvoir. Evidemment, je ne vous cache pas que beaucoup de gens se tournent vers moi depuis 2 jours… »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le