"Très en colère", le ministre de la Transition écologique François de Rugy, au centre d'une polémique sur des dîners fastueux et des travaux dans son ministère, ainsi qu'un logement près de Nantes, a affirmé vendredi qu'il ne démissionnerait pas.
"Je n'ai absolument pas de raison de démissionner. Je l'ai dit au Premier ministre qui ne me l'a absolument pas demandé", a déclaré sur BFMTV/RMC M. de Rugy, reçu jeudi à Matignon, en assurant avoir reçu mercredi le soutien du président Emmanuel Macron.
"Forcément on peut penser à en fait tout abandonner" quand "on est attaqué matin, midi et soir", a-t-il ajouté. Mais "je ne le ferai pas car je suis très en colère quand je lis un article qui prétend que j'occupe un logement social", s'est-il défendu, au bord des larmes.
"Jamais de toute ma vie je n'ai demandé un logement social", a-t-il fait valoir, en se disant "victime d'une tricherie" de la part de son agence immobilière ou de son propriétaire.
"Il y a une machine qui est lancée pour m'attaquer. (...) Il va encore y avoir d'autres attaques forcément, puisque maintenant on en est à inventer des choses", a déclaré le ministre.
"Non je ne lâcherai pas, je suis très en colère, je suis très en colère contre les mensonges", s'est défendu avec véhémence M. de Rugy, disant voir dans les photos des dîners "une personne qui règle des comptes avec (sa) femme".
François de Rugy et son épouse, Séverine Servat, à l'Assemblée nationale, le 19 mars 2018 à Paris
AFP/Archives
Le ministre a dit qu'il "envisageait deux choses": "qu'on demande une enquête sur l'agence immobilière" qui lui a loué un logement à Orvault près de Nantes, qui serait un "logement social préférentiel" selon le site d'informations Mediapart, et "porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre maintenant, dorénavant, tous les articles" comprenant des "mensonges".
A propos de Mediapart, il s'est demandé si son "but c'est d'informer le public ou de mener en permanence des campagnes contre le gouvernement (et) ceux qui gouvernement", dénonçant "le fantasme des coupeurs de têtes".
"(Mediapart a) soutenu les +gilets jaunes+ jusqu'au bout. (…) Les violences des +gilets jaunes+ ils les justifiaient (…) donc on voit bien le but", a jugé le ministre.
"On préfère m'attaquer en disant que ma femme c'est Marie-Antoinette. (...) Cet article (sur les dîners fastueux, ndlr) depuis le début est fondé là-dessus".
"Moi je ne suis ni connaisseur ni amateur de grand crus. Je n'ai jamais acheté une bouteille de vin de plus de 30 euros de toute ma vie", a-t-il précisé, ajoutant qu'il ne mangeait pas de homard parce qu'il avait une "intolérance aux crustacés" et ne buvait pas de champagne qui "lui donne mal à la tête".
François de Rugy a toutefois admis qu'il aurait pu "changer une tradition (...) de l'Assemblée nationale qui est de sortir les grandes tables". Mais un "président de l'Assemblée nationale, ça fait partie de sa fonction de représentation de recevoir des gens et j’espère bien que ça continuera", a-t-il dit.
Le ministre a aussi qualifié de "mensonge" une information du Parisien selon laquelle son épouse Séverine de Rugy, journaliste au magazine Gala, aurait acheté sur l'argent de l'Assemblée un sèche-cheveu doré à la feuille d'or, pour 499 euros. "C'est n'importe quoi".
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