Gaudin à son tour entendu dans l’enquête sur le temps de travail des employés municipaux de Marseille
Ouverte il y a 18 mois, dans le sillage du scandale du Samu social marseillais, l'enquête sur le temps de travail des employés...

Gaudin à son tour entendu dans l’enquête sur le temps de travail des employés municipaux de Marseille

Ouverte il y a 18 mois, dans le sillage du scandale du Samu social marseillais, l'enquête sur le temps de travail des employés...
Public Sénat

Par Olivier LUCAZEAU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Ouverte il y a 18 mois, dans le sillage du scandale du Samu social marseillais, l'enquête sur le temps de travail des employés municipaux est remontée mardi jusqu'au maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin, entendu pendant 7 heures par les enquêteurs.

L'élu a été entendu par les gendarmes dans le cadre de l'enquête menée par le parquet national financier (PNF), a appris l'AFP après de la mairie, qui s'est bornée à confirmer l'information de La Provence.

Son audition a duré environ 7 heures dans les locaux de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, dans le cadre de l'enquête ouverte en janvier 2017 par le parquet de Marseille pour "faux, usage de faux, recel et détournement de fonds publics". Ces investigations, qui portaient initialement sur le temps de travail des employés du Samu social de la ville, où un système de faux pointage aurait été mis en place, avait été transmise au PNF à l'automne 2017.

Les investigations auraient depuis été élargies au fonctionnement d'autres services municipaux, selon Mediapart et Marsactu, un site d'investigation local. Mais cela n'a jamais été officiellement confirmé par le PNF, qui s'est encore refusé à tout commentaire mardi, comme depuis le début de cette enquête.

Après de multiples perquisitions dans les locaux de la ville, ainsi que les auditions de dizaines de personnes, dont plusieurs chefs de service vendredi, l'enquête est remontée jusqu'à M. Gaudin, qui s'est toujours déclaré totalement étranger à ce dossier.

Si les employés du Samu social marseillais ont toujours nié l'existence d'un système frauduleux, assurant que les pratiques au sein du service étaient "de notoriété publique", avaient été instaurées "avec la hiérarchie" et étaient "pertinemment" connues par la mairie, la ville, qui s'est d'ailleurs portée partie civile, a toujours écarté cette thèse.

- "Des accommodements" -

Lors de ses voeux à la presse le 22 janvier, M. Gaudin s'était déclaré "stupéfait" par cette affaire, tout en concédant que parmi les employés municipaux, "au fur et à mesure, il y (avait) eu un peu des accommodements".

Concrètement, cette enquête autour du temps de travail des employés municipaux marseillais faisait suite à des révélations du Canard enchaîné et de Marsactu sur le Samu social marseillais, dans le cadre duquel près de 5 millions d'euros d'argent public auraient été détournés depuis 2010, dans le cadre de "petits arrangements entre amis".

Ces accusations avaient fait tâche du côté de la mairie, où le temps de travail des employés municipaux était déjà dans le collimateur des magistrats de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Dans un premier rapport rendu public en octobre 2013, la CRC avait ainsi souligné que le temps de travail officiel des 12.000 agents titulaires de la cité phocéenne n'était que de 1.567 heures par an, beaucoup moins que la durée légale de 1.607 heures pour la fonction publique. Soit un coût de 10 millions d'euros par an pour le budget municipal, 280 équivalents temps plein, avait chiffré le magistrat rapporteur.

C'est notamment suite à cette enquête du PNF et aux deux rapports de la chambre régionale des comptes de 2006 et 2013, que, le 9 avril, la mairie de Marseille a officiellement augmenté de 40 heures le temps de travail annuel de ses employés, pour le porter à 1.607 heures.

"Je rappelle qu'il faut aussi travailler, quand on a la chance d'être parmi les employés municipaux", avait encore lâché M. Gaudin lors de ses voeux en janvier, annonçant un tour de vis.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Gaudin à son tour entendu dans l’enquête sur le temps de travail des employés municipaux de Marseille
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le