Interpellé par le député LFI Loïc Prud'homme qui affirme avoir été "matraqué" lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Bordeaux, le ministre de l'Intérieur a rétorqué mardi qu'un député n'avait pas sa "place" dans un lieu "interdit" à la manifestation.
Loïc Prud'homme, qui dit avoir été blessé par la police, a pris à partie Christophe Castaner lors des Questions au gouvernement (QAG). "Vous utilisez la police et la justice pour réprimer toute contestation sociale. (…) Dois-je maintenant me cacher pour éviter la répression politique et l'arbitraire?"
Samedi, l'élu avait posté un message accompagné d'une vidéo sur les réseaux sociaux montrant son oreille gauche, sur laquelle on distinguait une tache de sang.
"La blessure que vous avez pu montrer sur les réseaux sociaux appelle votre émotion, mon émotion aussi", a répondu M. Castaner.
Le ministre a annoncé qu'"une plainte" avait été déposée, "cela permettra à celles et ceux qui seraient mis en cause de pouvoir produire l'ensemble des images qu'ils ont à leur disposition et de voir aussi une réalité un peu différente de celle que vous évoquez".
Le Premier ministre Edouard Philippe (g) regarde le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner (d) lors d'une session des questions au gouvernement, le 5 mars 2019 à l'Assemblée nationale, à Paris
AFP
"Par deux fois vous êtes revenu vers les forces de sécurité (...) et vous avez eu l'occasion à un moment, je le sais, d'exhiber votre carte de député. D'ailleurs celle-ci n'a pas été reconnue et vous devez vous en souvenir puisqu'un policier vous a répondu +moi aussi je suis flic+ et sur ces bases, il y a eu une confrontation physique, ce que je regrette".
Christophe Castaner a ensuite critiqué le comportement de Loïc Prud'homme: "Il me semble que ce n'est pas la place d'un député que d'être dans un lieu interdit pour une manifestation, et que ça n'est pas l'attitude d'un député que de se retourner, de provoquer, de baisser le bouclier de protection des forces de l'ordre", a-t-il poursuivi sous les applaudissements de la majorité, tandis que les députés LFI quittaient l'hémicycle en criant "honte à vous".
A son retour dans l'hémicycle, après la séance des QAG, le chef de file des députés Insoumis Jean-Luc Mélenchon a jugé ces applaudissements "extrêmement choquants".
"Il n'est pas acceptable que le ministre de l'Intérieur envoie un message qui crée un trouble ou donne le sentiment que l'on puisse légitimer de frapper un député", en demandant à pouvoir confronter une autre version des faits, a ajouté l'ancien candidat à l'élection présidentielle, dans un rappel au règlement.
Devant la presse, Loïc Prud'homme a lui dénoncé des propos "honteux": "Castaner ajoute du mensonge aux propos abjects du préfet. Je suis outré".
"Et ces robots qui se lèvent pour applaudir ! Aucun ne m'a apporté son soutien pour dire que ce qui s'est passé n'était pas digne d'une République", a-t-il ajouté.
Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.
Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.
Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.
Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…