« Gilets jaunes »: semaine décisive pour sortir la France de la crise
Rassuré par le recul de la mobilisation des "gilets jaunes" à travers la France, le gouvernement engage une course contre la montre pour mettre...

« Gilets jaunes »: semaine décisive pour sortir la France de la crise

Rassuré par le recul de la mobilisation des "gilets jaunes" à travers la France, le gouvernement engage une course contre la montre pour mettre...
Public Sénat

Par Jacques KLOPP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Rassuré par le recul de la mobilisation des "gilets jaunes" à travers la France, le gouvernement engage une course contre la montre pour mettre en œuvre les mesures sociales d'Emmanuel Macron et lancer la grande concertation censée apaiser une crise sans équivalent.

Le Premier ministre français Édouard Philippe a donné le coup d'envoi d'une semaine décisive pour tenter de remettre à flot la majorité présidentielle, en détaillant, dimanche soir dans un entretien au quotidien économique Les Échos, les gestes annoncés six jours auparavant par le chef de l'État.

Pendant ce temps, sur les ronds-points, plusieurs "gilets jaunes" craignent d'être délogés de force dans les prochaines heures. Ainsi une cinquantaine de manifestants rassemblés devant le commissariat de Montceau-les-Mines (centre-est) ont dit que l'ordre avait été donné de "raser" toutes leurs installations d'ici mercredi.

Le pouvoir a envoyé plusieurs signaux en ce sens. Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a évoqué l'envoi de "CRS ou de gendarmes" pour "libérer l'espace public".

La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a appelé les "gilets jaunes" à "arrêter la surenchère et à rentrer maintenant dans le grand débat" que veut lancer l'exécutif.

Heurts entre des policiers et des manifestants
Heurts entre des policiers et des manifestants "gilets jaunes" à Nantes le 15 décembre 2018.
AFP

"Si le gouvernement fait ça, c'est vraiment qu'il n'a rien compris", a déclaré à l’AFP un porte-parole des "gilets jaunes" de Saône-et-Loire (centre-est), Pierre-Gaël Laveder.

À Châtellerault (centre-ouest), les "gilets jaunes" s'attendaient à être expulsés dès lundi matin. Les manifestants ont incendié certaines de leurs cabanes au pied de la monumentale sculpture dite de "la main jaune" qui était, elle aussi, en feu dimanche soir.

Édouard Philippe a dit avoir "reçu le message des Français: ils veulent que nous allions plus vite sur le pouvoir d'achat tout en les associant davantage à la décision".

Dans l'entretien avec Les Échos, il a dessiné les contours des mesures censées mettre fin à une crise d'un genre inédit qui secoue la France depuis un mois.

- Timing serré -

Ces mesures, dont l'augmentation du salaire minimum, la défiscalisation des heures supplémentaires ou l'exemption de hausse d'une taxe pour certains retraités, vont coûter environ "10 milliards d'euros" et creuser le déficit, qui devrait atteindre 3,2% du PIB en 2019.

Des manifestants
Des manifestants "gilets jaunes" à Lyon le 15 décembre 2018.
AFP

Elles doivent désormais être présentées en projet de loi mercredi en Conseil des ministres, avant de passer à l'Assemblée nationale jeudi et au Sénat vendredi.

Le timing est serré. Richard Ferrand en a appelé à "la responsabilité des parlementaires" pour valider les mesures dès vendredi, afin qu'elles soient applicables au 1er  janvier. Cela éviterait aux parlementaires de siéger pendant les vacances de Noël.

Les détails de la "grande concertation nationale" doivent également être connus dans la semaine. Le débat, prévu jusqu'au 1er mars, doit s'appuyer fortement sur les maires et aborder quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l'État, et démocratie et citoyenneté – où a été insérée l'immigration).

Dans le cadre de ce débat, le Premier ministre s'est déclaré favorable sur le principe à un référendum d'initiative citoyenne (RIC), une des principales revendications des "gilets jaunes", mais "pas dans n'importe quelles conditions".

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Socialist Party figure at the Socialist Party summer camp
4min

Politique

Sénatoriales : après l’aval des socialistes en Seine-Maritime, l’accord national PS-Ecologistes n’est plus menacé

L’accord national entre les socialistes et les écologistes pour les sénatoriales a failli partir à vau-l’eau. Les réticences de la fédération PS de Seine-Maritime pour céder la deuxième place à une écologiste ont entraîné un bras de fer entre Verts et Roses. Bras de fer qui s’est soldé par un retour au calme et un gentlemen’s agreement entre les deux parties.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
8min

Politique

Présidentielle : Sarah Knafo, une campagne peut en cacher une autre

À quelques mois de la présidentielle de 2027, Sarah Knafo s’impose comme l’un des visages les plus en vue de Reconquête !. Omniprésente dans les médias, en librairie le 2 septembre avec « Le Casse du siècle », l’eurodéputée de 33 ans assure pourtant qu’Éric Zemmour reste le « candidat naturel » du parti. Une complémentarité revendiquée entre les deux, mais qui nourrit inévitablement une question, derrière la campagne de Éric Zemmour, Sarah Knafo prépare-t-elle aussi la sienne ?

Le

Bapteme du grand amphitheatre du ministere des Armees du nom de Pierre Messmer.
4min

Politique

Mort d’Édouard Balladur : « Serviteur exigeant de la France » pour Emmanuel Macron, « un mentor », salue Nicolas Sarkozy

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur, rival honni de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, est décédé, lundi soir, à l’âge de 97 ans. « Un serviteur exigeant » pour la France », a salué Emmanuel Macron. « Un exemple, un mentor et un ami », pour Nicolas Sarkozy. De nombreux hommages lui ont été rendus de la part des responsables politiques.

Le