Glyphosate : « C’est une déception » pour Nathalie Loiseau
Lundi, les États membres de l’UE ont choisi de renouveler la licence du glyphosate pour cinq ans. La ministre chargée des Affaires européennes, invitée de Territoires d’Infos ce mercredi, déplore cette décision et revient sur l’annonce d’Emmanuel Macron sur une sortie anticipée du glyphosate.  

Glyphosate : « C’est une déception » pour Nathalie Loiseau

Lundi, les États membres de l’UE ont choisi de renouveler la licence du glyphosate pour cinq ans. La ministre chargée des Affaires européennes, invitée de Territoires d’Infos ce mercredi, déplore cette décision et revient sur l’annonce d’Emmanuel Macron sur une sortie anticipée du glyphosate.  
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Invitée de Territoires d’Infos ce mercredi, la ministre chargée des Affaires européennes est revenue sur le dossier sensible de l’UE qu’est le glyphosate. Lundi 27 novembre, les États membres ont voté le renouvellement de la licence d’exploitation du glyphosate pour cinq ans. Ce principe actif présent dans l’herbicide le plus vendu au monde est soupçonné d’être cancérogène pour l’homme. En dépit de la décision prise à Bruxelles, Emmanuel Macron a fait part de son souhait de sortir du glyphosate en trois ans. Une annonce qui a irrité certains agriculteurs, comme la FNSEA qui parle de décision « nationaliste. »

« 5 ans, c’est encore trop » déplore Nathalie Loiseau

La décision de la Commission européenne « est une déception » pour la ministre des Affaires européennes. Le sort du glyphosate a été scellé par le vote de l’Allemagne. Si nos voisins d’outre-Rhin s’étaient abstenus lors du précédent vote, ils ont cette fois-ci décidé de voter pour le renouvellement de la licence du glyphosate. « C’est une décision qu’on regrette puisque nous avions proposé qu’on s’en tienne à trois ans et surtout qu’on travaille à la sortie du glyphosate compte tenu des incertitudes et des doutes qui pèsent sur cette substance » déplore Nathalie Loiseau. En effet, aucune mesure de restriction ou plan de sortie du glyphosate n’a été évoquée à Bruxelles. La ministre chargée des Affaires européennes rappelle toutefois qu’au départ « la Commission parlait d’une reconduction pour 10 ans. »

Lire aussi : Glyphosate : vers une interdiction dans 3 ans ?

« Le président de la République a demandé au gouvernement de travailler à une sortie en trois ans sous réserve que l’on trouve les alternatives au glyphosate » souligne la ministre. « Il est hors de question de laisser les utilisateurs, en particulier les agriculteurs, en difficulté » assure Nathalie Loiseau. La fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a dénoncé une décision « nationaliste » et pointe le risque d’une distorsion de concurrence si la France sort du glyphosate avant ses voisins européens. « D’autres pays que le nôtre sont dans la même logique » rassure Nathalie Loiseau. Elle rappelle que cette décision répond aux préoccupations des consommateurs. Une pétition « signée par plus de 1 ,3 million d’Européens demandant la sortie immédiate du glyphosate » souligne-t-elle. Nathalie Loiseau estime « qu’il faut sortir de cette idée que l’on est prisonnier » du glyphosate.

 « Guillaume Peltier fait de la politique politicienne » rétorque-t-elle

« Guillaume Peltier fait de la politique politicienne » rétorque Nathalie Loiseau
01:52

Hier sur Territoires d’Infos, le porte-parole des Républicains, Guillaume Peltier, a dénoncé « l’hypocrisie » du gouvernement. Il estime que l’annonce d’Emmanuel Macron sur la sortie du glyphosate entre en « incohérence » avec la prochaine ratification du traité de libre échange entre l’UE et le Canada (CETA). Selon lui, le CETA « consacre le droit et même le devoir, l’obligation, pour l’Union européenne d’importer tous les produits du monde soumis au glyphosate. » Nathalie Loiseau explique que « ce n’est pas le CETA qui fait qu’on a des produits soumis au glyphosate, c’est le commerce international qui fait que certains pays utilisent certains pesticides et d’autre pas. Le CETA ne permet rien de plus que ce qui était déjà autorisé » rétorque Nathalie Loiseau. Elle juge que Guillaume Peltier « fait de la politique politicienne en mélangeant tout. »  

Partager cet article

Dans la même thématique

Glyphosate : « C’est une déception » pour Nathalie Loiseau
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le