Grand débat: Berger (CFDT) rejette l’idée d’un référendum à l’issue
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a rejeté lundi soir l'idée évoquée par certains élus de la majorité d'organiser...

Grand débat: Berger (CFDT) rejette l’idée d’un référendum à l’issue

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a rejeté lundi soir l'idée évoquée par certains élus de la majorité d'organiser...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a rejeté lundi soir l'idée évoquée par certains élus de la majorité d'organiser un référendum à l'issue du grand débat, préférant l'organisation d'un "Grenelle du pouvoir de vivre".

"Cette crise est l'illustration de la volonté du président d'instaurer entre lui et le peuple un rapport direct avec une forme de négation des corps intermédiaires. Sortir de cette ambiance en pensant que c'est réinstaurer ce rapport direct qui marcherait, c'est d'une profonde bêtise. Et ça ne marchera pas, et on aura un nouveau chaos", a-t-il prévenu dans l'émission Audition publique (Public Sénat/LCP/Le Figaro/AFP).

Le numéro un de la CFDT avait expliqué lundi matin sur CNews son souhait de voir "les organisations syndicales, patronales, les associations organis(er) une sorte de Grenelle du pouvoir de vivre" à l'issue du débat, même si "le gouvernement in fine décidera".

Interrogé sur les conditions d'organisation du débat, au lendemain de la publication de la lettre du président Emmanuel Macron aux Français, M. Berger a espéré que l'exécutif "dise très vite" "les conditions" dans lesquelles le grand débat s'organise, "les conditions d'indépendance, les conditions de bonne tenue des débats". "Est-ce qu'on sera dans un cadre apaisé où chacun pourra s'exprimer?", s'est-il demandé.

"Celui ou celle qui va piloter" le débat "doit être indépendant du gouvernement", a souligné Laurent Berger, "y compris pour que les gens s'y inscrivent".

Sur la lettre du président, dont il n'a pas souhaité "faire l'exégèse", le secrétaire général de la CFDT a observé qu'il "manque des précisions autour de ce qui pourrait être fait autour du pouvoir d'achat".

Interrogé spécifiquement sur l'Impôt sur la fortune, lundi soir, M. Berger a répondu ne pas en faire une fixation.

"Je viens de m'exprimer devant les députés En Marche. Je leur ai dit +il y a des totems et puis il y a l'essentiel+. L'essentiel c'est qu'aujourd'hui dans notre fiscalité, pour qu'elle soit plus juste, il faut que les plus hauts revenus contribuent davantage. Et ce n'est pas forcément l'ISF", a-t-il souligné dans l'émission Audition publique.

"Ca peut être l'impôt sur les successions, une tranche d'impôt supplémentaire pour les plus hauts revenus, ça peut être revenir sur la flat tax sur la taxation du capital", a-t-il détaillé.

Alors que la lettre du président évoque la possible transformation du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental, M. Berger a dit sa "conviction" qu'il faut conserver ces deux institutions. "Je ne crois pas qu'à la crise que nous traversons la réponse soit: +que faut-il supprimer comme institution+", a-t-il dit lundi soir.

"Dans ce moment où la démocratie est en danger, quand je regarde les acteurs (...) qui peuvent être garants d'un certain nombre de valeurs républicaines et de nos institutions, j'en vois un par exemple, qui est le président du Sénat (Gérard Larcher, NDLR), donc heureusement qu'il existe, si je puis me permettre (...) Ce début de débat qui consisterait à faire du tir aux pigeons sur nos institutions, ça serait une folie totale", a-t-il prévenu.

M. Berger a aussi mis en garde contre la "poussée réactionnaire" qui traverse selon lui le pays.

"Avoir de la sympathie pour des gens qui sont proches ou qui ont exprimé de la sympathie pour M. Soral, etc., moi je condamne ça c'est tout", a-t-il dit, visant sans le nommer l'hommage du député LFI François Ruffin à Etienne Chouard lors d'un point presse.

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le