Après le monde rural, Emmanuel Macron a répondu lundi soir aux doléances des maires et associations de banlieue auxquels il a annoncé un "grand...
Grand débat: Macron annonce un « grand plan » pour les petites associations
Après le monde rural, Emmanuel Macron a répondu lundi soir aux doléances des maires et associations de banlieue auxquels il a annoncé un "grand...
Par Alexandre HIELARD, Laurence BENHAMOU
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Après le monde rural, Emmanuel Macron a répondu lundi soir aux doléances des maires et associations de banlieue auxquels il a annoncé un "grand plan" pour aider les petites associations.
Pour son cinquième débat depuis le 15 janvier, le chef de l'Etat a tenu une séance de questions-réponses de plusieurs heures avec 300 maires, responsables associatifs et citoyens engagés dans une salle municipale à Evry-Courcouronnes (Essonne).
Plusieurs dizaines d'intervenants se sont succédé pour protester contre la suppression des contrats aidés, les fusions forcées de communes, les fermetures de classes, les ghettos urbains ou encore le manque persistant de logements et de médecins.
Les maires d'Ile-de-France ont aussi réclamé le maintien des services publics, certains regrettant l'enterrement du plan Borloo pour les banlieues. Le chef de l'Etat a répondu en bloc, rappelant sa mesure-phare, le dédoublement des classes de CP dans les quartiers défavorisés et s'élevant contre "la morphine" des dépenses publiques qui ne corrige pas les problèmes.
En revanche il a esquissé un mea culpa sur la suppression des emplois aidés, en reconnaissant que cette mesure avait posé "un vrai problème pour beaucoup d'associations et de villes".
Le gouvernement a en effet supprimé les trois quarts de ces contrats, qui sont passés de 320.000 en 2017 à 130.000 budgétés pour 2019.
Pour en atténuer les effets, il a annoncé vouloir lancer "un grand plan pour les petites associations" afin de "booster" le tissu associatif, une demande qui selon lui ressort du grand débat.
Emmanuel Macron à Evry-Courcouronnes, le 4 février 2019
POOL/AFP
Il s'est ainsi dit prêt à envisager des "emplois francs associatifs", sur le modèle des emplois francs pour le secteur privé, un dispositif d'aide aux entreprises qui recrutent des résidents des quartiers défavorisés.
"Les associations de petite taille ont été les parents pauvres de la politique de la ville", a renchéri le secrétaire d'Etat Julien Denormandie, regrettant que les contraintes administratives soient aussi fortes pour les associations de grande ou petite taille, ce qui "favorise les professionnels de la recherche de financement".
Il a aussi dit vouloir accorder aux petites associations des subventions pluriannuelles, une demande récurrente du secteur associatif.
Avant le débat, Emmanuel Macron avait effectué une visite surprise à l'association Génération II, qui se consacre à l'insertion des jeunes, rendant hommage au travail des associations dans les quartiers difficiles.
- "Si on avait tout bien fait..." -
Comme lors des débats précédents, le chef de l'Etat a rapidement laissé tomber la veste dans la salle surchauffée. Sur la finalité du grand débat, il a concédé qu'il "y a des choses qu'on n'avait pas suffisamment vues."
Emmanuel Macron à Evry-Courcouronnes (Essonne), le 4 février 2019
POOL/AFP
"Si on avait tout bien fait, sincèrement il n'y aurait pas eu cette crise. Et je parle pour nous tous collectivement depuis des décennies. Donc il faut avoir beaucoup d'humilité dans ces moments-là", a-t-il ajouté.
Le chef de l'Etat s'est aussi déclaré "convaincu que cette délibération dans la société" ne "se clôturera pas de manière classique", sans préciser sous quelle forme, alors que la piste d'un référendum a été très commentée ces derniers jours
Sur le terrain, il a reçu un accueil mitigé. Il a discuté longuement avec quelques habitants, dont un jeune homme qui lui a lancé : "Moi je passe le trottoir tous les jours, du travail j'en trouve pas". Une allusion à la petite phrase de M. Macron à un chômeur, qu'il avait engagé à "traverser la rue" pour trouver du travail. Plus hostiles, une trentaine de "gilets jaunes" ont hué le convoi présidentiel à son arrivée.
"Macron Démission", "Emmanuel Macron on va te chercher chez toi", "Castaner en prison", chantaient certains, surveillés par de nombreux CRS qui sécurisaient les lieux, avec barrages et fouilles aux abords.
Avant l'Essonne, Emmanuel Macron a commencé à recevoir lundi matin les responsables des partis afin d'élaborer une issue à la crise des "gilets jaunes", y compris par un référendum, une hypothèse vivement débattue.
Le Journal du dimanche affirme que le président de la République serait tenté de convoquer un tel référendum dès le 26 mai, jour des élections européennes.
Mais pour le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, un référendum ce jour-là n'est "pas souhaitable", une opinion également partagée par le patron de LREM, Stanislas Guerini.
Jeudi, Emmanuel Macron se rendra à Autun, en Saône-et-Loire, pour rencontrer élus et jeunes du Morvan.
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