Guyane: condamné définitivement, Léon Bertrand acte la fin de sa carrière politique
Léon Bertrand, ex-ministre délégué au Tourisme de Jacques Chirac, a acté "la fin de (sa) vie d'homme politique", au lendemain de...

Guyane: condamné définitivement, Léon Bertrand acte la fin de sa carrière politique

Léon Bertrand, ex-ministre délégué au Tourisme de Jacques Chirac, a acté "la fin de (sa) vie d'homme politique", au lendemain de...
Public Sénat

Par Fred FARINE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Léon Bertrand, ex-ministre délégué au Tourisme de Jacques Chirac, a acté "la fin de (sa) vie d'homme politique", au lendemain de sa condamnation définitive pour "favoritisme" et "corruption passive" dans une affaire de pots-de-vin en Guyane.

Clamant de nouveau son innocence, il a aussi annoncé jeudi son intention de saisir la Cour européenne des Droits de l'Homme, une action toutefois non suspensive.

"Je ne vais pas faire des campagnes à 70 ans", a déclaré M. Bertrand, 67 ans, en évoquant sa condamnation à trois ans d'inéligibilité, lors d'une conférence de presse jeudi à Saint-Laurent du Maroni (Guyane), dont il est le maire depuis plus de 35 ans.

Cette conférence de presse marque "la fin de (ma) vie d'homme politique", a ajouté l'ancien secrétaire d'Etat, également député de 1987 à 2002.

Mercredi, la Cour de cassation l'a condamné définitivement dans l'affaire de pots-de-vin et marchés truqués de la Communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG), à une peine de trois ans de prison, 80.000 euros d'amende et trois ans de privation de droits civiques, civils et de famille, verdict prononcé par la Cour d'appel de Basse-Terre (Guadeloupe) le 7 mars 2017.

La culpabilité de Léon Bertrand pour "favoritisme" et "corruption passive" dans ce dossier avait déjà été jugée définitive le 12 juillet 2016 par la Cour de cassation qui avait alors uniquement demandé à une autre Cour d'appel de mieux motiver les peines, cassant partiellement un arrêt de la Cour de Fort-de-France.

Léon Bertrand s'était ensuite une seconde fois pourvu en cassation.

Il a été condamné pour des faits commis en 2003 et 2004, à l'époque où il était au gouvernement.

Dans cette affaire, toutes les instances de jugement ont considéré que plusieurs de ses proches récupéraient des enveloppes auprès de chefs d'entreprises de Guyane pour le financement de ses campagnes électorales et l'amélioration du train de vie des protagonistes.

- "Je ne vais pas m'enfuir au Suriname" -

Avec cette condamnation définitive, Léon Bertrand devrait non seulement aller en prison, mais aussi perdre son mandat de maire, ainsi que la présidence de la Communauté de Communes de l'Ouest Guyanais (CCOG), qu'il dirige depuis 2001.

Il a toutefois encore clamé son innocence jeudi lors de cette conférence de presse, estimant que "la preuve de son enrichissement personnel" n'a pas été apportée.

"Dans l'affaire qui fait que je ne suis pratiquement plus maire de Saint-Laurent-du-Maroni, j'ai toujours clamé mon innocence, j'ai toujours dit que la justice était injuste à mon égard (...). Lorsqu'on regarde mon dossier, on ne peut pas dire qu'il y ait enrichissement personnel. Aucune preuve n'est apportée, aucune somme n'est avancée. On parle d'un système Bertrand", a dénoncé l'ancien ministre.

"Je respecte la décision de justice mais je ne l'approuve pas", a-t-il insisté, tout en assurant qu'il n'allait "pas (s)'enfuir au Suriname" et se rendrait à la convocation prochaine du procureur de Cayenne en vue de son incarcération.

Dans son arrêt rendu mercredi, la Cour de cassation a considéré que la Cour d'appel de Basse-Terre avait à juste titre souligné que "les élus et les personnes chargées d’une mission de service public doivent respecter les grands principes constitutionnels dans l’exercice des commandes publiques, que les entreprises concernées se sont trouvées en situation de vulnérabilité à l’égard des exigences des décideurs et que le prévenu a failli à son devoir de probité".

Huit personnes ont été condamnées au total dans ce dossier: Léon Bertrand, deux de ses collaborateurs, dont son ex-chef de cabinet au ministère du Tourisme, et cinq chefs d'entreprises.

M. Bertrand, qui a déjà effectué trois mois et 13 jours de détention provisoire et pourra bénéficier de réductions automatiques de peine, pourra faire une demande d'aménagement, en cas de bonne conduite, moins de deux mois après son incarcération.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : session of questions to the government at the Senate
10min

Politique

Sénatoriales 2026 : Les Ecologistes devraient perdre quelques sièges, mais conserveront leur groupe

Après la perte de Bordeaux et Strasbourg, lors des dernières municipales, le groupe écologiste du Sénat craint de perdre « 2 à 3 sièges », en Gironde, dans le Bas-Rhin et peut-être dans le Rhône. Mais grâce à des « accords intelligents », selon le président de groupe Guillaume Gontard, avec les partenaires de gauche, notamment le PS, ils espèrent compenser. Les négociations sont toujours en cours.

Le

Saint-Denis: Melenchon Launches His Campaign for 2027 Presidential Election
6min

Politique

Concert de LFI pour la Fête de la musique : une soirée festive devenue symbole politique ?

La France insoumise prévoyait d’organiser, le 21 juin, un concert gratuit place de la République à Paris dans le cadre de la Fête de la musique. Mêlant artistes et prises de parole politiques, l’événement a été interdit par la préfecture de police de Paris au nom des risques de troubles à l’ordre public. Contestée par les organisateurs, la décision a donné lieu à un recours devant le tribunal administratif.

Le

Heatwave in Bordeaux s elementary school
8min

Politique

Canicule : le gouvernement pointé du doigt pour le manque de moyens mis sur l’adaptation au changement climatique

Attendu au tournant pour cette deuxième vague de chaleur intense depuis le début de l’année, le gouvernement s’est montré à l’action en présentant une série de mesures en faveur de l’isolation thermique des logements. Mais le manque de moyens pour la transition écologique illustré par le coup de rabot du Fonds vert, attaque la crédibilité du plan national d’adaptation au changement climatique présenté l’année dernière.

Le