Hamon donne des gages pour contenir l’exode des socialistes
Réécriture du revenu universel, discours plus consensuel sur le déficit et la dette publics, hommage au bilan de François...

Hamon donne des gages pour contenir l’exode des socialistes

Réécriture du revenu universel, discours plus consensuel sur le déficit et la dette publics, hommage au bilan de François...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Réécriture du revenu universel, discours plus consensuel sur le déficit et la dette publics, hommage au bilan de François Hollande... Benoît Hamon multiplie les gestes de bonne volonté en direction des socialistes, plus que jamais tiraillés entre soutien au vainqueur de la primaire et ralliement à Emmanuel Macron.

Face aux attaques venues de son camp sur le manque de "crédibilité" de son programme, le candidat PS à la présidentielle a dévoilé la semaine dernière une version amendée de son "revenu universel d'existence". La "première étape" de la mesure concerne certes désormais les salariés gagnant jusqu'à 1,9 Smic, mais elle ne touche plus tous les jeunes de 18 à 25 ans indistinctement, ceux qui sont salariés étant soumis à la règle générale. Le tout pour un coût évalué à 35 milliards d'euros.

L'entourage du candidat récuse l'idée d'un quelconque rabotage, soulignant que les Français bénéficiant d'un revenu supplémentaire seront plus nombreux avec cette nouvelle version. Mais M. Hamon reconnaît avoir voulu "faire taire les critiques selon lesquelles ce serait une arme contre le travail".

Vendredi, c'est sur les finances publiques que le candidat socialiste a semblé lâcher du lest, en s'engageant à respecter à la fin de son quinquennat la règle européenne des 3% de déficit public, alors qu'il l'avait qualifiée le 27 février sur France Inter de "non-sens" qui "ne répond pas aux besoins d'une économie" comme la France.

Samedi, en déplacement aux Antilles, M. Hamon a rendu un hommage appuyé à l'"excellent" bilan de François Hollande outre-mer. Qualificatif inédit de la part de l'ancien frondeur, même s'il a toujours pris soin de ne pas rejeter en bloc le bilan du quinquennat.

M. Hamon devrait donner de nouveaux gages aux socialistes "légitimistes" et aux acteurs de la Belle Alliance populaire lors de la présentation de son programme jeudi. "Le projet va être bouclé avec les apports de tout le monde", indique Jean-Marc Germain, codirecteur de la campagne. "Le PRG souhaite des mesures plus fortes pour les PME. On va leur faire des propositions", a-t-il illustré.

- Des 'sanglots' qui 'énervent' -

Ces gestes en faveur du "rassemblement" n'empêchent pas M. Hamon de juger sévèrement ceux qui lui tournent le dos ou rechignent à s'engager dans la campagne.

"Toute cette musique est en train d'exaspérer le cœur du PS. Les sanglots des ministres, ça énerve la base", a-t-il lâché à la presse, en marge de son déplacement aux Antilles, dans une allusion aux propos du ministre de la Ville Patrick Kanner, qui avait demandé au candidat des "preuves d'amour".

Lundi, dans une interview au Monde, c'est le sénateur Luc Carvounas, "ami de Manuel Valls" engagé au côté de M. Hamon, qui est monté au créneau contre ceux que tente l'hypothèse Macron. M. Kanner et Jean-Marie Le Guen "se trompent, ils ne sont pas au rendez-vous de l'histoire de la gauche. Nous avons tous accepté le processus de la primaire. Quand on établit des règles, on ne peut pas les balayer au prétexte que le résultat ne vous plaît pas", a-t-il tonné.

Après le soutien apporté par l'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë à M. Macron, et avant peut-être celui du ministre Jean-Yves Le Drian, samedi prochain, une partie du PS semble vouloir resserrer les rangs.

À l'initiative de l'ancienne ministre Marylise Lebranchu, une centaine d'élus bretons ont signé ce week-end une tribune où ils appellent "les électrices et les électeurs à se rassembler" autour de la candidature à la présidentielle de M. Hamon. Il y a quelques jours, des militants avaient publié dans Libération une lettre ouverte demandant aux responsables du PS qui souhaitent soutenir M. Macron de "rendre leur carte".

Ces appels n'ont pas empêché les ralliements au compte-gouttes de se poursuivre dans le camp du candidat d'En Marche!, tel celui du conseiller municipal PS à Nice Patrick Allemand, quelques jours avant la venue du candidat socialiste mercredi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le

Hamon donne des gages pour contenir l’exode des socialistes
5min

Politique

« Certains souhaitaient la fusion, d’autres non » : à Paris, le camp de Pierre-Yves Bournazel divisé sur le choix de rejoindre Rachida Dati au second tour

La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.

Le

Scenes from the Paris Municipal Elections: Polling in Action
4min

Politique

Paris, Le Havre, Toulouse : que disent les derniers sondages à deux jours du second tour ?

À l’approche du second tour, les équilibres restent fragiles dans plusieurs grandes villes. Entre triangulaires, alliances contestées et reports de voix incertains, les dernières enquêtes d’opinion confirment une chose : rien n’est encore joué. Paris, Le Havre et Toulouse sont les trois premières villes à avoir été sondées avant le deuxième tour.

Le