Immigration: Castaner regrette les « hyper-réactions » et veut « poser le débat au calme »
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a regretté vendredi matin les "hyper-réactions" sur le débat migratoire et demandé...

Immigration: Castaner regrette les « hyper-réactions » et veut « poser le débat au calme »

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a regretté vendredi matin les "hyper-réactions" sur le débat migratoire et demandé...
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Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a regretté vendredi matin les "hyper-réactions" sur le débat migratoire et demandé de poser la discussion "calmement", à dix jours du débat sur l'immigration à l'Assemblée nationale.

"Ce débat, il faut le poser au calme maintenant, car il peut être posé à n'importe quel moment dans une situation de crise, que ce soit une crise migratoire comme en 2015 ou une crise politique, au moment d'un attentat où on subirait la question migratoire dans un contexte de grande tension", a-t-il souligné à Saclay (Essonne), où il était l'invité des journées parlementaires du MoDem.

"L'enjeu de la discussion (au Parlement), ce n'est pas d'arrêter une liste de mesures ou de proposer une nouvelle loi, c'est de poser les choses, les chiffres, constater qu'il y a des détournements de procédures, faire en sorte qu'il n'y en ait plus. Le visa pour soins existe en France, donc ce n'est pas normal que quelqu'un passe par une demande d'asile pour avoir accès à des soins", a-t-il insisté.

"124.000 personnes ont demandé le statut de réfugié en France sur 180.000 à l'échelle de l'Europe, vous êtes d'accord pour dire que ce n'est pas logique. (...) Ca veut dire que quelqu'un qui demande le droit d'asile veut venir en France", a-t-il avancé.

Interrogé par l'AFP, le Ministère de l'Intérieur a reconnu en fin de journée une "confusion" sur les chiffres évoqués, 180.000 correspondant en réalité "au nombre d'entrées irrégulières dans l'Union en 2018". D'après les statistiques annuelles d'Eurostat, 580.800 personnes ont demandé l'asile en UE en 2018, plaçant la France en deuxième position en matière d'accueil (19%) derrière l'Allemagne (27,9%).

"L'année dernière en moyenne, il fallait 441 jours pour dire à un Géorgien qui peut arriver à Beauvais dans un avion low-cost à 50 balles qu'il ne peut pas rester. Evidemment, après 441 jours, quand un enfant est à l'école, c'est difficile de dire à quelqu'un de rentrer à Tbilissi. C'est un échec et c'est la réalité du dysfonctionnement de notre système", a encore estimé Christophe Castaner devant les élus MoDem.

"Il faut instruire rapidement les dossiers de demandes d'asile dans de bonnes conditions, qu'on ne soit pas dans une machine à procédures administratives. Avons-nous la maturité pour poser à plat la question de l'immigration pour éviter à un seul parti (le RN) de mal en parler ? J'ai suffisamment passé d'années au PS pour savoir cette incapacité que nous avons à affronter le sujet", a-t-il jugé.

Ses propos ont été bien accueillis par les députés MoDem, dont Marielle de Sarnez ou le président du groupe Patrick Mignola, qui estime que le discours d'Emmanuel Macron de lundi soir devant les parlementaires LREM-MoDem était "équilibré" et que ceux qui l'ont critiqué au sein de la majorité étaient pour la plupart "absents" lors de l'allocution.

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