Immigration : Gérald Darmanin reporte le projet de loi
Dans une interview au « Figaro », le ministre de l'Intérieur annonce qu'une concertation sera d'abord organisée à la rentrée, avant un « grand débat » au Parlement préalable à la présentation du projet.

Immigration : Gérald Darmanin reporte le projet de loi

Dans une interview au « Figaro », le ministre de l'Intérieur annonce qu'une concertation sera d'abord organisée à la rentrée, avant un « grand débat » au Parlement préalable à la présentation du projet.
Public Sénat

Par Mickael Spitzberg

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La patience est une vertu. Et Gérald Darmanin devra s’en parer.
En annonçant, mercredi 3 août, dans une interview au Figaro le report du projet de loi immigration -
dont l'examen devait commencer au Sénat en octobre – le ministre de l’Intérieur se voit contraint de mettre un frein à son activisme débridé, depuis début juillet, sur le thème de l’Immigration.
A la fin du mois, sur RTL, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé la présentation "à la rentrée de septembre" d'une loi pour lever "les réserves" législatives empêchant l'expulsion du territoire d'étrangers délinquants. Une annonce dont se réjouissait prudemment le président des sénateurs LR, Bruno Retailleau, pour qui l’annonce de ce report a eu l’effet d’une douche froide.

 

Un « grand débat » avant la présentation d’un projet finalisé

Avec ce report, le gouvernement joue la montre et la prudence. Cet été lui a démontré à quel point il pouvait être difficile de trouver des compromis en ne disposant que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’un sujet hautement inflammable tel que l’immigration.
Résultat, dans son interview, le ministre de l’Intérieur annonce la mise en place d’une méthode de travail qui se déroulera en deux temps.  
D'abord une concertation, place Beauvau dès la fin août et en septembre, avec les différents partis, partenaires sociaux, associations et représentants de la société civile, « à la demande de la Première ministre ». Un « grand débat sur l'immigration » sera ensuite mis à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale et du Sénat, en octobre, avant la « présentation d'un projet de loi finalisé ».

« Nous avons une proposition de texte législatif, mais, pour un tel sujet, deux mois de concertation ne sont pas de trop », explique ainsi Gérald Darmanin.

 

 « On est pressé car ça fait trop longtemps que nous avons une politique migratoire incohérente » - Jean-Noël Buffet, sénateur (LR) du Rhône.
 

Car, assure le ministre de l’intérieur, « nous souhaitons passer à la vitesse supérieure en France ». « Cela va passer par une réforme profonde de l’organisation de l’asile, une intégration bien plus exigeante des étrangers arrivant sur le territoire national, une réflexion nécessaire sur le rapport entre immigration et économie, ainsi que par une lutte plus intraitable que jamais contre les étrangers délinquants. ».

« Chiche ! », lui répond Jean-Noël Buffet, sénateur (LR) du Rhône et auteur du rapport « Services de l’État et immigration : retrouver sens et efficacité » 
Selon lui, le report du projet de loi est « regrettable ». « Nous ne sommes pas contre le débat mais il ne faut pas traîner, c’est un sujet important. Mais si la méthode permet d’aboutir à un bon texte, nous sommes prêts. », précise Jean-Noël Buffet qui souhaite qu’une loi puisse être votée avant la fin de l’année.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le

Immigration : Gérald Darmanin reporte le projet de loi
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le