Incendie de Lubrizol : « Une improvisation majeure » de la part du gouvernement accuse Yannick Jadot
Interrogé sur l’incendie chimique de l’usine Lubrizol à Rouen, l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot y voit une faille inquiétante dans l’encadrement des sites à risques « Seveso », au nombre de 700 en France.

Incendie de Lubrizol : « Une improvisation majeure » de la part du gouvernement accuse Yannick Jadot

Interrogé sur l’incendie chimique de l’usine Lubrizol à Rouen, l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot y voit une faille inquiétante dans l’encadrement des sites à risques « Seveso », au nombre de 700 en France.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« On ne savait pas s’il fallait confiner ou pas, s’il fallait évacuer. Pourquoi on ne savait pas ? Parce qu'on n'était pas prêt.  Il faut attendre une semaine pour s'apercevoir que ce n’est pas 5000 tonnes de produits qui ont brûlé, mais peut-être le double, stockés dans des lieux qui ne sont même pas sous Seveso » dénonce Yannick Jadot.

Pour l’eurodéputé, la gestion de l’incendie a été une « improvisation majeure » de la part du gouvernement, alors même que les élus locaux et les pompiers tentaient d’éviter le drame. « Les pompiers interviennent, avec un courage incroyable, et ils ne savent même pas quels types de protection ils doivent porter, pour un site qui est censé être totalement connu du point de vue de ces risques. »

Fermer les usines à risques ?

Une situation qui amène à s’interroger sur l’encadrement de ses sites à risques, qui contiennent des produits dangereux. Pour Yannick Jadot, l’incendie de Lubrizol n’est pas qu’un accident, mais aussi une preuve de négligence de la part des autorités : « Là ce qu'il s'est passé, c'est que le préfet a donné des autorisations, selon la loi de 2018 qui fait qu'on peut accroître les matières stockées sur un site extrêmement dangereux, sans qu'il y ait d'évaluation environnementale. Ce gouvernement détricote en permanence le droit environnemental. »

Un risque qui concerne aussi les 700 autres sites Seveso, parfois à proximité directe des habitations. « Il y a certains sites qu'il va falloir déplacer en dehors des habitations » analyse Yannick Jadot. « Et également s'interroger sur ce qu'on produit. L’explosion de l’usine AZF, c'était des pesticides. On se bat pour sortir des pesticides, la société le demande aussi, on a les moyens d'accompagner les agriculteurs. Est-ce qu'il faut des usines pour continuer à en produire ? Il faut vraiment s’interroger sur les sites les plus dangereux. »

Partager cet article

Dans la même thématique

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : « Plutôt une spécificité parisienne que française », note le politiste Fabien Jobard

Le deuxième sacre du PSG en ligue des Champions ce week-end a une nouvelle fois été marqué par des scènes de débordements, de casses et de violences dans l’espace public. Des faits qui ont conduit à 890 interpellations. Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS rappelle la particularité du club de la capitale dont « l’essentiel des forces supportrices vient de banlieues parisiennes. Des territoires caractérisés par la récurrence des affrontements entre ses habitants et la police ».

Le

UNIVERSITE TOULOUSE CAPITOLE
6min

Politique

Parcoursup, apprentissage… que contient le projet de régulation de l’enseignement supérieur privé examiné ce lundi par le Sénat ?

Les sénateurs examinent en séance ce lundi 1er juin le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, censé offrir des garanties aux étudiants face aux pratiques douteuses d’une partie du secteur. Un agrément de l’État et une réforme des conditions de l’apprentissage sont prévus dans le texte issu de la commission.

Le

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le