Intégrer un pays en guerre dans l’Union « c’est étendre le conflit à toute l’Europe », redoute cet eurodéputé belge
Faut-il revoir la procédure d’élargissement de l’Union pour accueillir en urgence l’Ukraine au sein de l’Europe comme elle le réclame ? Ou proposer une adhésion rapide à une « communauté politique européenne » moins inclusive ? Cette semaine « Ici l’Europe » ouvre le débat sur l’opportunité et les risques d’élargir le club européen en temps de guerre.

Intégrer un pays en guerre dans l’Union « c’est étendre le conflit à toute l’Europe », redoute cet eurodéputé belge

Faut-il revoir la procédure d’élargissement de l’Union pour accueillir en urgence l’Ukraine au sein de l’Europe comme elle le réclame ? Ou proposer une adhésion rapide à une « communauté politique européenne » moins inclusive ? Cette semaine « Ici l’Europe » ouvre le débat sur l’opportunité et les risques d’élargir le club européen en temps de guerre.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La question sensible de l’élargissement de l’Union est revenue sur le devant de la scène avec la guerre en Ukraine. Le 28 février dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, demandait à l’Union européenne « une adhésion immédiate, dans le cadre d’une procédure spéciale accélérée », alors qu’il se défend contre une invasion russe. Cette semaine, le chancelier allemand Olaf Scholz, s’est prononcé défavorablement à cette demande. Un avis partagé par l’eurodéputé belge socialiste, Marc Tarabella. « Je suis étonné de cet empressement. L’Ukraine vit une situation dramatique et on est très solidaires. Mais dire qu’on va faire une procédure express pour faire rentrer l’Ukraine, je ne suis pas d’accord, clairement. Pourquoi ? Parce qu’on ne rentre pas comme ça dans l’UE, parce qu’il y a un coup de cœur, une urgence. »

Intégrer l’Ukraine ? « Nous étendons la guerre à toute l’UE »

L’ancien ministre belge craint notamment une escalade incontrôlée dans la guerre. « Aujourd’hui c’est la guerre. Alors, accélérer le processus, non, on ne va tout de même pas intégrer dans l’UE un pays qui est en guerre. Il faut être clair aussi. Sinon, nous étendons la guerre à toute l’Union européenne. »

Une stratégie pour le futur de l’UE

Pourtant à l’est de l’Europe, mais pas seulement, nombreux sont ceux qui plaident en faveur d’un élargissement du club européen. C’est le cas de Sophia In’t Veld. « Je suis plutôt favorable à un élargissement, et pas uniquement à l’adhésion de l’Ukraine. Je crois qu’il nous faut une stratégie pour le futur de l’Union et j’entends bien l’argument que l’Union n’est pas prête, mais j’entends cet argument depuis des décennies. A un moment donné il faut choisir. » La députée européenne néerlandaise (Renew) estime que les procédures d’adhésions sont trop longues et découragent les candidats et les peuples. Elle milite pour une Europe ouverte et accueillante, qui s’assume, afin notamment de ne pas laisser les puissances comme la Chine et la Russie gagner en influence à nos portes. « Je crois qu’en ce moment le sujet, ce n’est pas que la guerre en Ukraine, c’est le changement de l’équilibre géographique au monde. Donc, moi je me demande est-ce que l’UE d’ici 20 ans, 25 ans, veut être exactement comme aujourd’hui ? Je ne le crois pas. Parce que dans ce monde qui change tout le temps, moi je préfère avoir une Union qui est grande et forte. »

Sophia in’T Veld n’est pas opposée à la proposition d’Emmanuel Macron de créer une communauté politique européenne, qui pourrait être une « antichambre » de l’Union européenne pour les pays candidats.

Revoir l’intégralité de l’émission en replay

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Intégrer un pays en guerre dans l’Union « c’est étendre le conflit à toute l’Europe », redoute cet eurodéputé belge
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le