Interdiction de manifester: un syndicat policier s’inquiète, Castaner défend « une loi anti-brutes »
Les interdictions administratives de manifester, disposition-clé de la proposition de loi "anticasseurs", "bafoue" la liberté...

Interdiction de manifester: un syndicat policier s’inquiète, Castaner défend « une loi anti-brutes »

Les interdictions administratives de manifester, disposition-clé de la proposition de loi "anticasseurs", "bafoue" la liberté...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Les interdictions administratives de manifester, disposition-clé de la proposition de loi "anticasseurs", "bafoue" la liberté fondamentale de manifester, selon le syndicat Unsa-Police, mais est au contraire une "loi anti-brutes" de "protection", pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Les députés ont achevé vendredi l'examen de cette proposition de loi LR controversée, à la veille d'un acte 12 des "gilets jaunes".

"Cette mesure administrative relève de l'état d'urgence, il ne faut pas que l'exception devienne la règle, elle viendrait entraver la liberté fondamentale de manifester", a considéré l'Unsa-Police, l'une des trois organisations syndicales représentatives de la Police nationale, dans un communiqué.

Selon le syndicat, l'interdiction de manifester déjà prévue par un article du code de la sécurité intérieure (L.211-13), "doit rester exclusivement une décision de justice et constituer un délit pour celui qui ne la respecterait pas".

"L'interdiction administrative pourrait se substituer à celui-ci, bafouant ainsi de façon arbitraire (la) liberté fondamentale" de manifester, a dénoncé l'Unsa-Police.

Mais pour le ministre de l'Intérieur, "la montée des violences lors des manifestations est un phénomène que nous devons regarder en face".

Le mouvement des gilets jaunes "s'est accompagné de violences dès le début. La proposition de loi visant à renforcer et garantir le maintien de l'ordre public dans les manifestations - loi que je qualifierais volontiers de loi anti-brutes - (...) est une partie de notre réponse", a déclaré Christophe Castaner lors d'une conférence de presse.

"Ce n'est pas une loi de circonstance, c'est une loi de protection, qui va nous permettre d'empêcher les violents de se glisser dans les manifestations pour casser et brutaliser", a insisté M. Castaner. "En aucun cas, les manifestants ne seront interdits d'aller manifester", a-t-il dit.

L'Assemblée nationale a donné mercredi soir son feu vert à la possibilité pour les préfets de prononcer des interdictions de manifester, disposition controversée de la proposition de loi "anticasseurs". Le vote solennel du texte est prévu mardi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Interdiction de manifester: un syndicat policier s’inquiète, Castaner défend « une loi anti-brutes »
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le