Jacline Mouraud : aujourd’hui il faut « légiférer » sur les réseaux sociaux pour endiguer la haine
Il y a un an, elle lançait un appel au gouvernement et participait sans le savoir au déclenchement de ce qui allait devenir le mouvement des « gilets jaunes ». Aujourd’hui, Jacline Mouraud toujours déterminée, mais écœurée par la violence des réseaux sociaux, souhaite qu’on régule ces plateformes. Rencontre.

Jacline Mouraud : aujourd’hui il faut « légiférer » sur les réseaux sociaux pour endiguer la haine

Il y a un an, elle lançait un appel au gouvernement et participait sans le savoir au déclenchement de ce qui allait devenir le mouvement des « gilets jaunes ». Aujourd’hui, Jacline Mouraud toujours déterminée, mais écœurée par la violence des réseaux sociaux, souhaite qu’on régule ces plateformes. Rencontre.
Public Sénat

Par Louis-Marie Le Béon, Isabelle Pincet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le 18 octobre 2018, dans une vidéo virale, Jacline Mouraud dénonçait pêle-mêle les hausses de tarifs du carburant, et la réduction de la vitesse sur les routes. Vue plus de 6 millions de fois, l’appel de cette « gilet jaune » l'a propulsée du jour au lendemain sur le devant de la scène médiatique, non sans violence.

Comment expliquez-vous le succès de votre appel lancé le 18 octobre 2018 sur Facebook ?

« Le fait de m’adresser directement au Président, je pense que ça a parlé beaucoup aux gens parce que ce que j’ai dit, tout le monde avait envie de le dire au Président […] Ça a libéré la parole des gens, ça a levé un tabou aussi. En France, on ne disait pas combien on gagne […] personne ne disait « moi je gagne 2 000 ou 3 000 euros par mois. » […] vous ne pouvez pas vous imaginer la misère que j’ai reçue dans les messages. C’était impensable. Il y a des gens en France, et dans toutes les catégories sociales qui sont au bord du suicide parce qu’ils ne s’en sortent pas. »

Jacline Mouraud - Les Raisons du Succès
01:16

 

Vous avez été encouragée sur Facebook, mais aussi menacée ?

« Tout a changé. J’ai été tellement menacée que j’ai été obligée de totalement vider mon compte [Facebook]. Certaines personnes au sein de ce mouvement se sont mises à utiliser la moindre photo que j’avais pu publier, à l’utiliser contre moi, à la diffuser. Ils ont essayé de tout retenir contre moi. J’ai mis du temps avant de le faire, mais on m’a dit « tu te mets en danger si tu laisses ta vie [sur les réseaux sociaux]. Mais moi, tout mon problème de sécurité actuelle, ne vient que de gilets jaunes radicalisés. »

Jacline Mouraud - les menaces sur les réseaux sociaux
00:59

 

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur les réseaux sociaux ?

« Il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas du tout dans la radicalité donc qui désertent les réseaux sociaux (…) Mais le si peu qui reste… il n’y a pas de discours. Il n’y a que de la haine, de la jalousie et nous en plus, les femmes, la misogynie. »

JMouraud - "il faut légiférer sur les réseaux sociaux"
00:23

 

Vous souhaitez qu’on encadre plus l’expression sur les réseaux sociaux ?

« C’est l’évolution du réseau qui a fait [cette haine]. Parce que l’année dernière, si on se remet au 18 octobre par exemple, le jour où j’ai fait ma vidéo, il n’y avait pas cette haine-là. Ça n’existait pas. C’est le mouvement qui a fédéré ça… enfin, le mouvement… les personnes qu’on a laissées fédérer cette haine-là. Et le problème maintenant, c’est que comme on dit : « le dentifrice est sorti du tube et on ne pourra pas le remettre dedans. ». Il y aussi le paramètre de l’impunité sur les réseaux sociaux. […] Il va falloir légiférer. Si on rend éditeur les propriétaires de réseaux sociaux, à mon avis, demain tout va bien ! Il faut les rendre responsables de ce qui s’y passe. ».

Jacline Mouraud - son regard sur l'état actuel des réseaux sociaux
00:47

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Jacline Mouraud : aujourd’hui il faut « légiférer » sur les réseaux sociaux pour endiguer la haine
4min

Politique

ArcelorMittal : « C’est un enjeu de souveraineté nationale qui doit dépasser les clivages partisans », alerte Sophie Binet

Adoptée de justesse à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à nationaliser les actifs stratégiques d’ArcelorMittal en France est examinée ce mercredi 25 février au Sénat, où elle devrait être rejetée. Inscrite dans la niche parlementaire des communiste, le texte relance un débat politique majeur sur la souveraineté industrielle, l’avenir de la sidérurgie française et le rôle de l’État face aux restructurations du groupe.

Le

Jacline Mouraud : aujourd’hui il faut « légiférer » sur les réseaux sociaux pour endiguer la haine
6min

Politique

Nouvelle-Calédonie : le projet de loi constitutionnelle passe l’étape du Sénat

Mardi après-midi, le Sénat a adopté le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, grâce aux voix de la majorité sénatoriale de droite et du centre. Le texte prévoit notamment la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française. Mais ce scrutin est une victoire en trompe-l’œil pour le gouvernement qui va peiner à réunir la majorité des 3/5ème du Parlement réuni en Congrès, nécessaire pour approuver la révision constitutionnelle.

Le

Jacline Mouraud : aujourd’hui il faut « légiférer » sur les réseaux sociaux pour endiguer la haine
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, ce mardi 24 février, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le