Une page se tourne lundi à Marseille, avec le 198e et dernier conseil municipal du maire LR Jean-Claude Gaudin qui, après 25 ans à la tête de la deuxième ville de France, ne se représentera pas en mars.
Convoqué à 08H30, le conseil votera quelque 150 délibérations, dont deux concernent les dossiers sensibles de l'état des écoles et de l'habitat indigne. Il sera surtout pour M. Gaudin, 80 ans, la dernière occasion de faire tonner dans le cadre solennel de l'hémicycle son accent provençal, pour défendre un bilan contesté comme jamais à moins de 50 jours des municipales.
Pour la majorité Les Républicains, la séance d'adieu politique de ce baron de la droite, qui fut président du Sénat et ministre, s'annonce "émouvante", a déclaré l'un des plus proches collaborateurs, son directeur des services Jean-Claude Gondard.
M. Gaudin aura probablement un mot sur ce qu'il considère comme ses principaux accomplissements, et qu'il a rappelé lors de ses voeux à la presse lundi dernier: le chômage divisé par deux depuis son arrivée, même s'il reste supérieur à la moyenne nationale, l'explosion du tourisme de croisière, ou la requalification de la zone urbaine Euromed le long du littoral et l'ouverture du Musée des civilisations et de la Méditerranée (Mucem), deux dossiers en partie pilotés par l'Etat.
Jean-Claude Gaudin lors de ses voeux à la presse à Marseille, le 20 janvier 2020.
AFP
Le maire, qui siège au conseil municipal depuis son élection en 1965 sur les listes du socialiste Gaston Defferre, et a fait adopter plus de 31.000 délibérations depuis 1995, fera par ailleurs voter plusieurs dénominations de rues, dont une place François Moscati, du nom de l'ancien patron du puissant syndicat municipal Force Ouvrière, et une rue Guy Philip, l'un de ses anciens communicants.
Figures de sa majorité depuis des années, les deux candidats issus des Républicains qui s'affrontent pour les municipales, la présidente du département et de la métropole Martine Vassal (soutenue par le parti) et Bruno Gilles (en dissidence) devraient peser leurs mots, tant ils tentent, l'un comme l'autre, de distinguer leur action de l'héritage du maire.
L'opposition, sur les bancs de laquelle siègent notamment les candidats RN Stéphane Ravier ou divers gauche Samia Ghali, devrait souligner les carences de la ville, marquée par de très fortes inégalités de richesse, l'état de délabrement de nombreuses écoles publiques et la gravité du problème de l'habitat indigne, révélé tragiquement par l'effondrement de deux immeubles le 5 novembre 2018, qui a fait huit morts.
Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.
Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.
En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».
Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.