Jean-Vincent Placé condamné à 3 mois avec sursis après une soirée très mouvementée
"Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis !" L'ex-secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé a été condamné lundi à trois mois...

Jean-Vincent Placé condamné à 3 mois avec sursis après une soirée très mouvementée

"Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis !" L'ex-secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé a été condamné lundi à trois mois...
Public Sénat

Par Caroline TAIX

Temps de lecture :

3 min

Publié le

"Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis !" L'ex-secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé a été condamné lundi à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende pour violences et outrages lors d'une soirée alcoolisée et très mouvementée à Paris en avril.

L'ancien sénateur écologiste avait été interpellé ivre à la sortie d'un bar du VIème arrondissement parisien, dont il venait d'être expulsé par un videur après un incident avec une cliente.

Il se trouvait avec un ami sénateur, qui lui n'avait pas été mis en cause, et présentait une alcoolémie de 1,16 g par litre de sang.

Cet éphémère secrétaire d'Etat qui était chargé de la réforme de l'Etat sous François Hollande a été condamné pour des violences contre la cliente, une étudiante de 20 ans, ainsi que pour outrages à agent. "Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis!", avait-il notamment lancé aux policiers qui étaient intervenus.

En revanche, il a été partiellement relaxé des faits d'injure raciale qui lui étaient reprochés. Une injure adressée au videur a été retenue par le tribunal correctionnel de Paris: "Ici on n'est pas au Maghreb". Des mots que le prévenu avait reconnu avoir prononcés, lors du procès le 10 juillet.

La condamnation ne sera pas inscrite au casier judiciaire de l'ex-sénateur, qui ne s'est pas déplacé au tribunal pour la décision. Il n'avait pu être joint dans l'immédiat.

- Addiction à l'alcool -

Ce jugement "me paraît sage", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de M. Placé, Kiril Bougartchev, joint par téléphone. "Le tribunal a fait la part des choses et n'a pas suivi des réquisitions trop sévères", s'est-il félicité.

Cette peine est en effet en-deçà des réquisitions du parquet, qui avait demandé, outre une amende de 1.000 euros, six mois avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans comprenant une obligation de soigner son addiction à l'alcool. Le tribunal n'a pas prononcé d'injonction de soin.

Pour le procureur, Jean-Vincent Placé a exprimé dans ce dossier une forme de "désinhibition due à l'alcool mais aussi l'expression d'une forme de supériorité, de toute-puissance".

A la barre, l'ancien secrétaire d'Etat avait reconnu un comportement inapproprié mais s'était défendu de toute violence. "J'ai été rigolard, arrogant, prétentieux, peut-être même hautain. J'ai été extrêmement insistant et mon comportement était déplacé mais je n'ai pas été violent et n'ai pas prononcé de propos sexistes ni insultants", avait-il affirmé.

Au contraire, le videur, un colosse de près de deux mètres, ancien de la Légion, avait affirmé avoir entendu l'élu proposer à la jeune femme "de la thune" pour qu'elle danse pour son ami sénateur. Il aurait, selon lui, traité cette femme de "pute", ce que M. Placé a formellement contesté. La jeune femme n'était pas venue témoigner.

M. Placé, actuellement conseiller régional d'Ile-de-France, a reconnu son addiction à l'alcool et l'a expliquée par un sentiment de solitude et sa difficulté à supporter une image publique d'opportuniste ambitieux. "Un jour la cuirasse a commencé à se fendre", avait-il lâché, soulignant que son éloignement des "feux de la rampe" lui avait fait du bien.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le