Jeunes, néophytes, européistes… Qui sont les « marcheurs » de Macron ?
S'il a réussi à susciter une effervescence médiatique autour de sa campagne, Emmanuel Macron s'appuie aussi, avec son mouvement...

Jeunes, néophytes, européistes… Qui sont les « marcheurs » de Macron ?

S'il a réussi à susciter une effervescence médiatique autour de sa campagne, Emmanuel Macron s'appuie aussi, avec son mouvement...
Public Sénat

Par Mehdi BOUDARENE et Sami ACEF

Temps de lecture :

4 min

Publié le

S'il a réussi à susciter une effervescence médiatique autour de sa campagne, Emmanuel Macron s'appuie aussi, avec son mouvement En Marche, sur un réseau éclectique de "marcheurs", le plus souvent jeunes et novices en politique, sillonnant les villes pour tracter, convaincre et recruter.

"On se plaint toujours de la politique mais on n'y participe jamais", constate Louis, 27 ans, à propos de sa génération. "Marcheur" depuis peu, le jeune homme, de "droite sociale", a été séduit par l'idée de participer à un nouveau mouvement qui "questionne tout le monde, que tu sois de droite ou de gauche".

Comme lui, près de 130.000 adhérents ont rejoint En Marche, selon les chiffres de Sylvain Fort, directeur de la communication du mouvement. Au sein de comités locaux, les plus actifs organisent des débats thématiques, réunions d'informations et tractages, pour faire "la passerelle entre le siège et les initiatives locales".

"C'est nous qui faisons le programme, c'est pas Macron", sourit Serge Setterahmane, assurant avoir été d'abord conquis "par le personnage", avant "le projet".

Ce jeune retraité sexagénaire et son épouse Mireille Gitton, anciens élus franciliens au Parti radical, font figure de doyens parmi la dizaine de macronistes rencontrés dans un café parisien.

"J'en avais marre de travailler avec de vieux croûtons", plaisante Mireille, qui s'est laissé convaincre par de jeunes marcheurs de rejoindre les 21.000 adhérents parisiens de ce mouvement principalement citadin.

La cartographie du mouvement "correspond à la typologie française, avec une plus forte concentration dans les grandes villes", selon M. Fort, qui met en avant "l'inexpérience" d'une grande partie des adhérents, venus de tous horizons.

Autour de la même table: Jean-André Martini, communicant de 27 ans qui a voté Bayrou en 2012, et Loïc Neuilly, quadragénaire qui travaille au ministère de la Justice et a voté Hollande, se chambrent gentiment. A leurs côtés, Justine Henry, référente de 28 ans, et Thomas, 27 ans, sweatshirt En Marche sur les épaules, avaient, eux, choisi Sarkozy à la dernière présidentielle.

- Séduits par un discours "positif" -

En Marche a aussi séduit dans le reste du pays ceux qui louent à l'envi le discours "progressiste", "positif" et surtout "européiste" de leur candidat.

"Je voulais absolument m'engager dans la campagne présidentielle après les européennes de 2014, où le FN était arrivé en tête", explique Hervé Berville, économiste de 26 ans et adhérent des Côtes d'Armor. Employé par l'université américaine de Stanford au Kenya, il a démissionné "pour s'engager dans la campagne".

"Pour un autre candidat, j'aurais peut-être réfléchi deux ou trois fois. Là, une fois qu'il s'est déclaré, j'ai très peu hésité", confie-t-il, voyant en Macron "le candidat qui (lui) paraît le plus en phase avec (ses) valeurs progressistes et européennes". "Ça a été en quelque sorte un alignement des étoiles".

"Macron a un discours positif, il va chercher les Français sur des valeurs positives, de respect, de bienveillance", note Justine, quand Martin Roger, banquier de 25 ans et anciennement socialiste, préfère saluer ses propositions sur la CSG. "Au PS, on ne peut pas parler de ça", déplore-t-il.

"En Marche n'est pas un parti mais un rassemblement de citoyens", assure Nicolas, 32 ans, professeur d'histoire-géo dijonnais, qui espère que Macron saura "faire table rase, pour en finir avec les professionnels de la politique et s'ouvrir sur la société civile".

Séduits par En Marche, les militants ne s'avancent pas sur la fin du marathon et nourrissent encore des interrogations. "Si on fait 15%, ce sera très bon", avance Serge.

Martin salue le "renouvellement" même s'il se demande si le mouvement ne manque pas un peu "de têtes connues". Jean-André voit lui en Macron un "grand Européen" mais l'attend sur les autres grands sujets internationaux. Et Mireille de souligner: "il y a un sujet sur lequel il faut qu'il soit très bon, c'est l'immigration".

Partager cet article

Dans la même thématique

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : « Plutôt une spécificité parisienne que française », note le politiste Fabien Jobard

Le deuxième sacre du PSG en ligue des Champions ce week-end a une nouvelle fois été marqué par des scènes de débordements, de casses et de violences dans l’espace public. Des faits qui ont conduit à 890 interpellations. Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS rappelle la particularité du club de la capitale dont « l’essentiel des forces supportrices vient de banlieues parisiennes. Des territoires caractérisés par la récurrence des affrontements entre ses habitants et la police ».

Le

UNIVERSITE TOULOUSE CAPITOLE
6min

Politique

Parcoursup, apprentissage… que contient le projet de régulation de l’enseignement supérieur privé examiné ce lundi par le Sénat ?

Les sénateurs examinent en séance ce lundi 1er juin le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, censé offrir des garanties aux étudiants face aux pratiques douteuses d’une partie du secteur. Un agrément de l’État et une réforme des conditions de l’apprentissage sont prévus dans le texte issu de la commission.

Le

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le