Justice : « La surprise » Dupond-Moretti
Le médiatique avocat, Éric Dupond-Moretti est la « surprise » du remaniement. Il remplace Nicole Belloubet au ministère de la Justice. Une nomination qui clive déjà.

Justice : « La surprise » Dupond-Moretti

Le médiatique avocat, Éric Dupond-Moretti est la « surprise » du remaniement. Il remplace Nicole Belloubet au ministère de la Justice. Une nomination qui clive déjà.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Courroucé d’avoir fait l’objet d’une enquête du parquet national financier dans l’affaire des écoutes qui vise Nicolas Sarkozy, Éric Dupond-Moretti, interrogé par le Parisien le 26 juin, évoquait « un problème majeur » de l’institution judiciaire : « L'absence de séparation entre le parquet et le juge du siège ». « Il faut un juge du siège séparé du parquet et totalement indépendant pour pouvoir le contrôler » demandait-il. Ironie du sort, deux semaines plus tard, ce sera peut-être à lui de mettre en œuvre cette réforme. En tout cas, la sénatrice PS de Paris, avocate de formation, Marie-Pierre de la Gontrie l’a pris au mot. « L’urgence pour Dupont Moretti il y a à peine deux semaines ? Séparer le parquet et le siège. Chiche ! » a-t-elle tweeté.

« Un avocat avec le talent de Dupond-Moretti à la Justice, pas sûr que ça plaise beaucoup aux magistrats du parquet » note également le sénateur du Nord (dont est originaire Éric-Dupont-Moretti), Marc-Philippe Daubresse.

Même sentiment du côté du président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner. « On verra bien si la magistrature apprécie ce personnage, lui qui a tant combattu le parquet… Vous me direz des avocats ont fait d’excellents ministres de la justice, comme Badinter » relève-t-il.

L’USM, le principal syndicat de magistrats, considère cette nomination comme une « déclaration de guerre à la magistrature ».

La star du barreau est en tout cas bel et bien la surprise de ce nouveau gouvernement où il remplace Nicole Belloubet, place Vendôme. Défenseur de Patrick Balkany, Jérôme Cahuzac, George Tron ou encore Abdelkader Merah, Éric Dupond-Moretti représente aussi les policiers dans l’affaire de la perquisition mouvementée du siège de La France insoumise. « Je ne pense pas que le procès de Mélenchon ait été déterminant. C’est plutôt son côté grande gueule qui a dû jouer. Pour ma part, je jugerais sur les actes » déclare la sénatrice membre du groupe CRCE, Marie-Noëlle Lienemann.

Des actes, François-Noël Buffet, vice-président LR de la commission des lois, rapporteur de la réforme de la Justice l’année dernière, en attend. « Je l’attends sur la remise en route du dispositif judiciaire, le manque de moyens matériels des magistrats et la révolution numérique » liste-il.

Du côté du RN, Marine Le Pen rappelle que le nouveau garde des Sceaux indiquait en 2015 que le FN n'était « pas un parti républicain ». « Il faut l'interdire » demandait-il.

Enfin, outre ses talents d’avocat, Éric Dupond-Moretti n’a rien contre la comédie. Il a fait des apparitions dans plusieurs films et s’est produit seul en scène au théâtre de la Madeleine. L’hémicycle du Sénat s’annonce complet aux prochaines questions d’actualité au gouvernement du Sénat, mercredi.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le

Justice : « La surprise » Dupond-Moretti
6min

Politique

Elections sénatoriales en Gironde : la droite favorite, le RN veut créer la surprise 

En Gironde, la droite et le centre abordent les élections sénatoriales en position de force, après plusieurs victoires aux dernières municipales. À gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que le Rassemblement national espère profiter de la dispersion pour décrocher, pour la première fois, un siège dans le département.

Le