L'Assemblée nationale s'empare mardi de la réforme de la distribution de la presse, censée relancer une filière secouée par les évolutions numériques, une chute du nombre de points de vente et la quasi-faillite de son leader Presstalis l'an passé.
Déjà adopté par le Sénat, ce projet de loi vise à moderniser le système de distribution des journaux. Il est combattu par la CGT du Livre (SGLCE), à l'origine de plusieurs grèves ayant perturbé les parutions.
Le gouvernement entend conserver les grands principes de la loi Bichet de 1947, parmi lesquels liberté de diffusion et principe coopératif obligatoire, mais aussi refondre la structure de distribution, alors que le nombre de points de vente est passé de 29.100 en 2006 à 23.200 en 2017 selon l'étude d'impact du texte de loi.
"Si elle est une icône de la République", la loi Bichet "ne doit pas être un totem", avait affirmé le ministre de la Culture Franck Riester au Sénat fin mai.
Seize mois après la grave crise du distributeur N.1 Presstalis (ex-NMPP), sauvé avec l'aide de l'Etat et des éditeurs de presse, le texte prévoit d'ouvrir le marché à la concurrence au plus tard le 1er janvier 2023. Presstalis se partage aujourd'hui le secteur avec les Messageries lyonnaises de presse.
Le siège de Presstalis, le 3 juillet 2012 à Paris
AFP/Archives
L'Arcep, gendarme des télécoms, deviendra le seul régulateur à la place des deux organes actuels (CSMP et ARDP), y compris pour la partie numérique dont les kiosques (ePresse, LeKiosk, etc.) seront soumis aux mêmes obligations que les marchands de journaux: diffuser tous les titres de presse d'information politique et générale (IGP) qui le souhaitent.
Afin de limiter les invendus, les marchands de journaux auront une marge de manœuvre, négociée avec la filière, pour la vente des titres hors IGP.
"Le statu quo serait mortifère", a affirmé en commission le rapporteur Laurent Garcia (MoDem).
Virginie Duby-Muller (LR) a salué un "bon équilibre", appelant toutefois le gouvernement à "ne pas se contenter de maintenir Presstalis sous perfusion". Elle a aussi demandé en vain de conserver un ajout du Sénat, pour que l'implantation de nouveaux points de vente soit soumise à l'avis conforme du maire.
Béatrice Descamps (UDI-Indépendants) s'est dite "favorable" à la concurrence afin d'intégrer d'autres sociétés "plus rigoureuses".
A gauche, Sylvie Tolmont (PS) a pointé "une faille" avec l'Arcep en régulateur unique, qui pourrait conduire la distribution "entre les mains d'un pouvoir", les membres du collège de l'autorité étant désignés par l'Elysée et le Parlement.
Pour Marie-George Buffet (PCF), le texte "ne résout pas" les difficultés des distributeurs, alors que "la concurrence (leur) a déjà porté préjudice".
Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.
Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.
Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.
Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…