« L’Etat de droit n’est pas en quarantaine », se défend Belloubet
Les restrictions des libertés imposées par l'état d'urgence sanitaire face au Covid-19 "sont temporaires" et l'"Etat de droit n...

« L’Etat de droit n’est pas en quarantaine », se défend Belloubet

Les restrictions des libertés imposées par l'état d'urgence sanitaire face au Covid-19 "sont temporaires" et l'"Etat de droit n...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les restrictions des libertés imposées par l'état d'urgence sanitaire face au Covid-19 "sont temporaires" et l'"Etat de droit n'est pas mis en quarantaine", affirme la garde des Sceaux Nicole Belloubet dans une tribune publiée mercredi dans Le Monde.

Sous le feu des critiques d'avocats dénonçant un "confinement des droits de la défense", de juristes et d'associations s'inquiétant du débordement dans le droit commun d'une série de mesures dérogatoires liberticides, la ministre défend les choix du gouvernement dans une situation "totalement inédite".

Estimant ces préoccupations "non seulement légitimes mais également saines, pour autant qu'elles ne relèvent pas d'une logique purement polémique, politique, voire complotiste", la ministre estime qu'"elles sont néanmoins infondées". "L'Etat de droit n'est pas mis en quarantaine", affirme-t-elle.

Le 25 mars, la garde des Sceaux a présenté quatre ordonnances, des mesures d'exception dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire acté par la loi du 23 mars, afin de "simplifier" les procédures - audiences parfois par visioconférence, à huis clos, à juge unique, prolongation des délais de prescriptions... - et de permettre la libération de "5.000 à 6.000" détenus des prisons françaises surpeuplées.

"Je veux être d'une absolue clarté, souligne Mme Belloubet: les dispositions qui ont été prises sont temporaires. La loi du 23 mars 2020 crée un cadre juridique nouveau pour faire face aux catastrophes sanitaires les plus graves. Elle n'autorise en aucun cas l'édiction de règles et de décisions durables au-delà de ce que l'urgence justifie".

"Ainsi, les mesures dérogatoires issues de ces ordonnances cesseront-elles à la fin de l'épidémie de Covid-19 et ne sauraient être réactivées lors de la survenance d'une nouvelle épidémie", martèle-t-elle.

Mises en oeuvre "sans gaité de coeur mais sans état d'âme" au nom de "l'intérêt général", ces dispositions restent, comme l'Etat de droit l'exige, "sous le contrôle du juge", souligne Nicole Belloubet.

"Le Parlement continue à exercer sa fonction de contrôle sur l'action du gouvernement. Le Conseil d'Etat n'a pas cessé un seul instant de statuer en urgence sur les recours intentés contre cette action. Le juge pénal fait son office", rappelle-t-elle.

"Quant au Conseil constitutionnel, qu'il est parfaitement possible de saisir, il n'est, lui non plus, privé d'aucun pouvoir. Le législateur a simplement permis qu'il dispose, s'il le souhaite, d'un peu plus de temps pour juger. Rien d’autre", affirme la ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: David Lisnard Cloture Congres des Maires 2025
11min

Politique

« Le congrès des maires de France ne peut pas devenir un temps de la présidentielle » : avec David Lisnard contesté, il se passe quelque chose… à l’AMF

Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».

Le

Orleans: Closing Ceremony of the Rassemblement National Rally’s Campaign Kickoff Event presidential
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le débat sur l’inéligibilité de Marine Le Pen relancé

La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications

Le

FRA – SENAT – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT 2
5min

Politique

« Le racisme ne naît pas de nulle part » : Les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à interdire la théorie du grand remplacement

Au Sénat comme à l’Assemblée, les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes » via l’interdiction de la théorie du grand remplacement. Si, pour certains, cette proposition est « redondante » par rapport aux outils juridiques déjà existants, elle semble utile pour « faciliter les condamnations ».

Le

BLOCAGE LYCEE SAINT SERNIN
4min

Politique

Mouvement lycéen : où en est-on des blocus ?

Sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce lundi matin, jour de rentrée des vacances de la Toussaint, selon le ministère de l’Education nationale. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages malgré les annonces du gouvernement, la semaine dernière. Le Premier ministre se dit prêt à recevoir à nouveau les lycéens.

Le