Le président Emmanuel Macron donne lundi sa feuille de route aux ambassadeurs français en plaçant l'Europe au coeur de son action diplomatique,...
L’Europe au coeur du programme diplomatique de Macron
Le président Emmanuel Macron donne lundi sa feuille de route aux ambassadeurs français en plaçant l'Europe au coeur de son action diplomatique,...
Par Laurence BENHAMOU et Valérie LEROUX
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Le président Emmanuel Macron donne lundi sa feuille de route aux ambassadeurs français en plaçant l'Europe au coeur de son action diplomatique, à neuf mois d'élections européennes où il espère contrer une vague mondiale de repli nationaliste.
Attaché au multilatéralisme, M. Macron rappellera ses objectifs pour l'Union européenne: un budget pour la zone euro, une Europe de la défense, une taxation européenne des géants du numérique ou encore une politique commune pour les migrants.
Accueilli comme un sauveur de l'UE l'an dernier, le président français a vu ses ambitions diluées dans l'inertie d'une union de pays aux intérêts souvent divergents.
Ses grands projets se heurtent aux gouvernements populistes et nationalistes, depuis l'Europe de l'est jusqu'à l'Italie, au refus des riches pays du nord de payer pour les autres, à la concurrence fiscale entre les 28 et à la crainte d'un afflux de migrants, sans oublier les difficiles négociations du Brexit. Même la chancelière Angela Merkel, l'alliée traditionnelle, a été affaiblie par ses déboires électoraux en Allemagne.
Pour chercher des alliés, M. Macron repart en mini-tournée européenne, en s'envolant mardi pour trois jours au Danemark et en Finlande. Il aura rendu visite à plus de la moitié de ses homologues européens en un an.
Emmanuel Macron devrait également rappeler lundi ses priorités mondiales: la sécurité, la lutte contre le terrorisme, les "biens publics mondiaux" (climat, éducation, aide au développement...) et, dans une approche plus nationale, l'attractivité de la France et la francophonie.
Depuis l'an dernier, "le monde a beaucoup changé avec la montée des nationalismes et la crise du multilatéralisme. Il faut être encore plus dynamique pour s'adapter à ces évolutions", reconnaissent les conseillers de l'Elysée.
Le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron, en marge du sommet du G7 à la Malbaie au Québec, le 08 juin 2018
AFP/Archives
Embrassades et accolades n'y ont rien fait: le président américain Donald Trump a sabordé le G7 et l'accord sur le nucléaire iranien, déclenché une guerre commerciale mondiale et réclame aux Européens des sommes massives pour maintenir l'Otan.
Au sein même de l'Europe, la Hongrie, la Pologne et maintenant l'Italie mènent une politique eurosceptique et anti-migrants, qui oblige Paris à rechercher un "arc progressiste" pour les contrer.
"Au fond c'est Macron, Merkel, et (Pedro) Sanchez en Espagne si je résume, c'est à dire ceux qui se disent que nous avons un avenir européen d'éducation (...) ou ceux qui disent non, il faut se recroqueviller sur soi parce que tout seul on va y arriver mieux", en l'occurrence, "Orban et Salvini", le Premier ministre hongrois et le ministre italien de l'Intérieur, a expliqué dimanche le patron des députés du parti présidentiel, Richard Ferrand.
Cet été, une dizaine d'Etats membres, parmi lesquels la France, l'Allemagne et l'Espagne, ont dû en urgence se répartir des migrants que Rome refusait. Les discussions sur un mécanisme coordonné pérenne achoppent sur le refus de l'Italie, qui a menacé vendredi de suspendre sa contribution au budget de l'UE.
Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président français Emmanuel Macron à Madrid, le 26 juillet 2018
AFP/Archives
Conscient que l'opposition en France veut transformer les élections européennes de mai en "référendum anti-Macron", comme l'a déjà annoncé le chef du mouvement La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, M. Macron devra aussi démontrer que ses efforts internationaux bénéficieront directement aux Français.
"Il n'y a aucune coupure entre les réformes en France et l'action internationale", selon l'Elysée.
- Perte de dynamique -
"Le dossier européen a perdu beaucoup en dynamique" depuis un an, remarque Claire Demesmay, de l'Institut allemand de politique étrangère, tandis que François Heisbourg, président de l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres, se demande si M. Macron va "réussir à faire bouger l'Europe" avant que les grand compromis soient bouclés d'ici à la fin 2019.
"Il est le seul leader en Europe aujourd'hui", ajoute-t-il, mais "Macron ne peut pas être leader tout seul", il faut que "la France et l'Allemagne marchent ensemble" - or Angela Merkel est encore affaiblie par son échec électoral de l'an dernier.
"Si on constate au milieu de 2019 qu'il n'y a pas moyen de faire avancer le mastodonte, il y aura un problème d'orientation stratégique de son quinquennat", avertit M. Heisbourg.
Cartes du marché unique européen, de l'espace Schengen et de la zone euro
AFP
Sur les migrants, sur l'Europe qui protège, "Emmanuel Macron a besoin de résultats et pas seulement d'ambitions pour arriver armé aux élections européennes", renchérit Manuel Lafont-Rapnouil, de l'institut de recherche European Council on Foreign Relations.
L’ancien ministre du gouvernement Bayrou et ex-président du groupe PS du Sénat envisage de se présenter aux sénatoriales. A condition que François Patriat, patron des sénateurs macronistes, ne se représente pas. Les deux en parlent ensemble et veulent éviter de se présenter l’un contre l’autre. S’il est élu, reste à voir dans quel groupe ira François Rebsamen, ou s’il cherchera à en créer un nouveau…
Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.
Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.
A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.