L’UE, « seul territoire aussi clair sur la protection des données », se réjouit cette eurodéputée
Concurrence, lutte contre les contenus haineux, dès 2023 les géants du web vont devoir respecter des nouvelles règles s’ils veulent continuer à développer leur service en Europe. La nouvelle arme de régulation des excès des GAFAM imaginée à Bruxelles est-elle à la hauteur ? Cette semaine, « Ici l’Europe » ouvre le débat.

L’UE, « seul territoire aussi clair sur la protection des données », se réjouit cette eurodéputée

Concurrence, lutte contre les contenus haineux, dès 2023 les géants du web vont devoir respecter des nouvelles règles s’ils veulent continuer à développer leur service en Europe. La nouvelle arme de régulation des excès des GAFAM imaginée à Bruxelles est-elle à la hauteur ? Cette semaine, « Ici l’Europe » ouvre le débat.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Pour une fois l’Europe aura été rapide. Pour l’eurodéputée verte, Gwendoline Delbos-Corfield, , les institutions européennes ont fait preuve d’une réelle « volonté politique ». Et il est vrai qu’en un peu plus d’une année- un temps relativement court pour l’UE- le Conseil européen, la Commission et le parlement ont réussi à se mettre d’accord et à adopter deux règlements inédits pour lutter contre l’hégémonie des géants du numérique, tel que Google, Microsoft, Amazon ou encore Facebook.

La première directive concerne les règles de la concurrence. Fini de promouvoir sa bibliothèque d’application, ou de mettre en avant ses propres services dans les moteurs de recherche. Le DMA (Digital marketa Act) a pour ambition d’introduire de nouvelles règles de concurrence sur le marché du numérique et de sanctionner lourdement les entreprises qui y dérogeraient, avec à la clef le risque d’une amende de 10 % de leur chiffre d’affaires mondial.

« Intervenir en amont »

Mais la nouveauté est le changement de paradigme opéré par le texte. Pour le rapporteur au parlement européen, l’allemand conservateur Andrea Schwab : « Le problème que nous avions, est que la politique de concurrence s’appliquait toujours après les infractions. Et donc il fallait toujours à la Commission européenne, d’abord définir le marché concerné et cela n’est pas facile dans le digital. Avec les nouvelles lois, on veut que la commission puisse intervenir en amont, et c’est désormais aux entreprises de prouver qu’elles sont de bonne foi. »

L’UE, « le seul territoire aussi clair sur la protection des données »

L’autre législation, le DSA (Digital service Act), s’attaque aux contenus illégaux et haineux et aux algorithmes accusés de manipuler les utilisateurs sans qu’ils en aient conscience. Car au-delà des enjeux économiques, c’est bien aussi sur le plan sociétal que la puissance des géants du numérique interpelle interférant, selon certains, dans notre vie démocratique. Gwendolyne Delbos- Corfield salue le travail de l’Union européenne. « On est le seul territoire aussi clair sur la protection des données, en empêchant [les géants du numérique] de surveiller tout ce que nous faisons en termes d’intérêts, d’achats… et ensuite d’utiliser ces profils à leurs profits, soit directement pour eux-mêmes, soit en transmettant ces infos à d’autres. »

Un risque pour la liberté d’expression ?

Mais l’élue écologiste émet quelques réserves, et notamment sur un possible détournement des règles par les GAFAM. « On donne des obligations au monde commercial parfois sans les obliger dans les moyens. Donc on leur laisse un peu le champ libre sur les moyens utilisés. Et nous avons une grande inquiétude sur une surveillance discriminée de ces grandes entreprises au nom de la recherche des contenus haineux. Donc là il y a un vrai point de vigilance » En clair, certains redoutent qu’avec ces nouveaux règlements, on délivre aux géants du numérique la possibilité de s’ériger, en toute légalité, en arbitres de la liberté d’expression. La nouvelle législation doit entrer en vigueur dans les Etats membres en 2023.

Revoir l’intégralité de cette émission en replay

Partager cet article

Dans la même thématique

L’UE, « seul territoire aussi clair sur la protection des données », se réjouit cette eurodéputée
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le