La Fondation Abbé Pierre met la pression sur le gouvernement au sujet du mal-logement
9 millions de personnes vivraient dans un logement surpeuplé selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre. Un état des lieux inquiétant à quelques semaines de la présentation en Conseil des ministres, d’un projet de loi sur le logement.

La Fondation Abbé Pierre met la pression sur le gouvernement au sujet du mal-logement

9 millions de personnes vivraient dans un logement surpeuplé selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre. Un état des lieux inquiétant à quelques semaines de la présentation en Conseil des ministres, d’un projet de loi sur le logement.
Public Sénat

Par Public Sénat avec l'AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement », c’est le constat du 23e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement. L’association se penche plus précisément sur les logements surpeuplés. En 2013, en France, 8,6 millions de personnes vivaient dans un logement surpeuplé, détaille le rapport qui s’appuie sur les chiffres les plus récents de l’Insee.

Pour mesurer le surpeuplement, cet institut étudie non pas le nombre de mètres carrés par occupant, mais le nombre de pièces dévolues à chacun. Le postulat est le suivant: il faut une pièce à vivre (salon), une chambre par couple et pour chaque adulte célibataire de plus de 19 ans, une pièce pour deux enfants de moins de 7 ans, quel que soit le sexe, et une autre pour deux grands enfants mais de même sexe. Entre 2006 et 2013, le nombre de personnes vivant en surpeuplement « modéré »  (par exemple quand il manque une chambre) a augmenté de 11,5%, 7,6 millions, tandis que les surpeuplements « accentués » (quand le manque est plus important) a grimpé de 17,2% avec 797.000 personnes concernées.

Manger, dormir, se laver, se reposer... tout devient compliqué pour ces familles, qui connaissent par ailleurs des difficultés de socialisation (faute d'espace pour recevoir), tensions scolaires, problèmes de santé (respiratoires, tuberculose, saturnisme) et alimentaires, selon l'enquête.

Pour le Délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, « il faut une réorganisation majeure de la politique du logement » car en 2017, « le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d'augmenter ».

« Le gouvernement et le président de la République doivent redresser le tir et mener une vraie politique sociale », poursuit-il, avant de fustiger d'un côté « les suppressions de l'ISF, de la taxe d'habitation décidées par le gouvernement et de l'autre côté, la baisse de 5 euros des aides pour le logement » (APL) qui fragilise les plus pauvres.

 Sur France Inter, ce mardi, le secrétaire d’Etat à la Cohésion des Territoires, Julien Denormandie, a reconnu que la baisse des APL « n’était pas une bonne mesure ». « En revanche la nouvelle réforme des APL que nous faisons avec les bailleurs sociaux, elle, est juste et efficace » (…) C'est-à-dire que les bailleurs sociaux feront une baisse des loyers qui permettra cette baisse des APL. Encore une fois les allocataires des APL ne perdront pas un centime » a-t-il assuré. Le projet de loi ELAN (évolution du logement et aménagement numérique) doit être présenté en Conseil des ministres en mars. Depuis décembre, au Sénat, le texte fait l’objet de conférences thématiques appelées « conférences de consensus, entre parlementaires et acteurs du secteur.

Huit mois après la présidentielle, Christophe Robert dit d'abord avoir été « plutôt satisfait en entendant Emmanuel Macron parler de l'objectif zéro SDF  dans les rues » avant de s'interroger sur les moyens. « Le zéro SDF est possible », insiste Christophe Robert, « mais on ne pourra pas le faire si on fragilise simultanément les outils de la solidarité comme les APL ou le logement social ».

Partager cet article

Dans la même thématique

La Fondation Abbé Pierre met la pression sur le gouvernement au sujet du mal-logement
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

La Fondation Abbé Pierre met la pression sur le gouvernement au sujet du mal-logement
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le