La garde des Sceaux plaide pour un meilleur suivi des longues peines en prison
Les détenus condamnés à de très longues peines doivent pouvoir bénéficier d'un suivi plus poussé et d'une aide à la réinsertion,...

La garde des Sceaux plaide pour un meilleur suivi des longues peines en prison

Les détenus condamnés à de très longues peines doivent pouvoir bénéficier d'un suivi plus poussé et d'une aide à la réinsertion,...
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Les détenus condamnés à de très longues peines doivent pouvoir bénéficier d'un suivi plus poussé et d'une aide à la réinsertion, a déclaré mardi la ministre de la Justice en visite dans une prison alsacienne, sans détailler de possibles mesures.

"Il faut une réflexion sur le parcours du détenu condamné à de très longues peines. C'est une question de respect de la dignité (du détenu), et de sécurité pour la société. Les deux sont liés", a dit Nicole Belloubet, à l'issue d'une visite à la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin), qui accueille des "longues peines".

Le "suivi" en question doit notamment passer par des efforts en vue d'une réinsertion des détenus à l'issue de leur longue peine, a expliqué à l'AFP l'entourage de la ministre.

Cette question doit être abordée dans le cadre du plan de construction de 15.000 places de prison supplémentaires, promises par Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle. Plan qui comprend l'installation de "quartiers de préparation à la sortie", totalement dédiés, avec des prises en charge spécifiques, a-t-on ajouté de même source.

Salle de sport, de prière, ateliers, espace jardinage, bibliothèque: la ministre a longuement parcouru les différents espaces de la prison d'Ensisheim, ouverte en 1811, et où sont détenus actuellement 194 hommes - tous placés en cellule individuelle -, dont 44 purgent une peine de réclusion à perpétuité.

"Soixante pour cent ont été condamnés pour des crimes de sang, et 55% pour des crimes sexuels, mais une bonne partie fait partie des deux catégories à la fois", a expliqué à la ministre le directeur de l'établissement, Guillaume Goujot.

Sollicité par l'administration pénitentiaire, l'un des détenus, incarcéré depuis 1988 et condamné à perpétuité, a brièvement reçu la ministre dans la cellule de 9 m2 qu'il occupe depuis 1993.

Il en a profité pour lui glisser qu'il venait de déposer une 5e demande de libération conditionnelle. "Faudrait que ce soit la bonne, cette fois. Parce que, après toutes ces années, ça sert à quoi?", a-t-il dit aux journalistes.

Avant de regagner Paris, Mme Belloubet a remis une médaille à plusieurs agents pénitentiaires qui se sont illustrés par leur "courage" lors de deux récentes prises d'otage à Ensisheim, en juin 2016 puis en juin 2017.

"Entre l'exigence de sécurité et la dignité qui est due à chaque être humain, vous êtes sur une ligne de crête difficile", a commenté la ministre à l'intention des agents de l'administration pénitentiaire, réunis dans la cour de la prison pour cette cérémonie.

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