Le Sénat se met au vert pour sa rentrée: la chambre haute se penche à partir de mardi sur le projet de loi antigaspillage et pour une économie circulaire, dont la mesure phare sur la consigne fait polémique.
Au lendemain d'un sommet sur "l'urgence climatique" à l'ONU, le texte sera examiné en première lecture jusqu'à la fin de la semaine par la "chambre des territoires", à majorité de droite. Il ira ensuite à l'Assemblée nationale, où le gouvernement dispose d'une large majorité.
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Brune Poirson a jugé "logique" que le Sénat soit saisi en premier de ce texte, les déchets étant un des "grands champs d'action publique" des élus locaux dont les sénateurs sont les représentants.
La France produit cinq tonnes de déchets par an et par personne, dont 600 kilos de déchets ménagers et 700 kilos de déchets des entreprises, selon le ministère. Le seul secteur du bâtiment en produit autant, et celui des travaux publics 2,7 tonnes.
Le projet de loi se veut un premier pas vers l'"accélération écologique" annoncée par le Premier ministre Edouard Philippe avant l'été. Attendu par les industriels, les collectivités comme les associations de consommateurs et de défense de l'environnement, il entend renforcer le principe du pollueur/payeur en l'étendant à de nouveaux secteurs: jouets, matériaux de construction, articles de sports, de bricolage, ou encore lingettes ou produits du tabac. De quoi alimenter les pressions des lobbies.
Le texte vise à améliorer l'information du consommateur sur la réparabilité des équipements électriques et électroniques et à faciliter l'utilisation de pièces détachées d'occasion, avec l'objectif de lutter contre l'obsolescence programmée.
Piles de plastiques dans une entreprise de recyclage à Montbrison, en avril 2019
AFP/Archives
A l'instar de ce qui existe déjà contre le gaspillage alimentaire, le texte interdit l'élimination des invendus des produits non-alimentaires -vêtements, cosmétiques...- qui sont encore utilisables.
Les Français "nous demandent d'agir pour passer d'une société du tout jetable à une société économe de ses ressources et respectueuse de l'environnement", a souligné Mme Poirson lors de son audition devant les sénateurs.
- La consigne au rebut ? -
Mais le sujet de toutes les attentions est la consigne. Le texte du gouvernement posait le principe d'un dispositif de consigne, sans préciser les modalités, laissant la porte ouverte à la concertation, selon la ministre, entretenant le "flou" volontairement selon les sénateurs.
Les bouteilles en plastique sont dans le viseur. L'UE a fixé un objectif de 90% de collecte des bouteilles plastique en 2029, quand la France plafonne à 57%.
En commission, les sénateurs ont, à une large majorité, recentré le dispositif de consigne sur "le réemploi ou réutilisation", excluant la consigne pour recyclage.
Ils mettent en avant les conséquences qu'aurait un tel dispositif pour les collectivités locales, aujourd'hui chargées de collecter ces déchets, en termes de pertes de revenus, pour le consommateur, avec un surcoût, mais aussi pour l'environnement, en "verdissant" l'image de la bouteille plastique.
Taux de recyclage des déchets municipaux en 2017 en Europe
AFP
La secrétaire d'Etat défendra en séance un amendement qui revient sur les limites introduites par les sénateurs, mais soutient "le développement du réemploi et de la réutilisation grâce à la consigne" et donne explicitement des gages aux collectivités en prévoyant notamment une compensation financière.
Plus globalement, les sénateurs ont salué, à droite comme à gauche, "des avancées" dans le texte, mais regretté qu'il n'aille pas assez loin, en particulier dans la réduction de la production de déchets.
En commission, ils ont inscrit dans la loi l'objectif de 100% de plastique recyclé d'ici au 1er janvier 2025, porté par le gouvernement. Ils ont aussi interdit la distribution gratuite de bouteilles d'eau plate en plastique dans les établissements recevant du public.
Parmi les autres apports en commission, les sénateurs, qui ont en mémoire le décès du maire de Signes, ont prévu un renforcement du pouvoir de police des élus pour lutter contre les dépôts sauvages de déchets.
Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.
Au lendemain des violences en marge des manifestations du 17 octobre, plusieurs sénateurs veulent que la Haute Assemblée prenne la main. Une demande de commission d’enquête et un débat au titre de l’article 50-1 sont déjà sur la table. À gauche comme à droite, on réclame des comptes sur les approximations. Mais les diagnostics divergent.
Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.