La perspective fragile d’un groupe parlementaire commun PCF/LFI
La possibilité de constituer un groupe parlementaire commun entre La France insoumise et le PCF semblait fragile lundi: le mouvement de Jean-Luc...

La perspective fragile d’un groupe parlementaire commun PCF/LFI

La possibilité de constituer un groupe parlementaire commun entre La France insoumise et le PCF semblait fragile lundi: le mouvement de Jean-Luc...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La possibilité de constituer un groupe parlementaire commun entre La France insoumise et le PCF semblait fragile lundi: le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a déjà renouvelé la même exigence de discipline de vote et de respect du programme qui avaient bloqué l'union des deux formations avant les législatives.

Avec au total 29 députés revendiqués, dont plusieurs avec double étiquette, les deux formations politiques peuvent techniquement se regrouper pour gagner en audience - le seuil de formation d'un groupe est de 15 députés.

"Je souhaite qu'il y ait un seul groupe, c'est ce qui me paraît le plus respectueux des électeurs" qui "auraient du mal à comprendre qu'on aille chacun de notre côté", a déclaré lundi à l'AFP la communiste Marie-George Buffet, très proche de Jean-Luc Mélenchon et réélue dimanche en Seine-Saint-Denis.

"Au regard de l'agenda parlementaire, avec les textes régressifs et dangereux qui sont annoncés et l'offensive politique et idéologique que mènera Emmanuel Macron avec sa majorité absolue, il est évident que le groupe le plus puissant (...) serait un point d'appui et de résistance", renchérit le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles.

La députée communiste Marie George Buffet à Paris le 28 janvier 2014
La députée communiste Marie George Buffet à Paris le 28 janvier 2014
AFP/Archives

Mais les rancœurs et les choix stratégiques divergents des derniers mois restent dans toutes les têtes. Et rien n'est encore arrêté à ce stade. La France insoumise doit se réunir lundi soir, l'exécutif communiste mardi. Mercredi matin, André Chassaigne réunit les autres députés communistes élus "pour décider collectivement de notre positionnement" vis à vis de LFI, a-t-il assuré à l'AFP.

Dès lundi, les leaders de La France insoumise se sont empressés de rappeler qu'ils avaient obtenu suffisamment de sièges - 16 - pour constituer un groupe autonome, sans partenaires communistes, et appeler à un "groupe clair et cohérent".

"On verra quelle sera la décision du Parti communiste mais en tout état de cause, nous aurons un groupe homogène (...), nous avons été élus sur un programme, +l'Avenir en commun+, Jean-Luc Mélenchon a fait plus de 19% des voix sur ce programme", a détaillé Éric Coquerel, élu député de Seine-Saint-Denis.

- Divergences sur le nucléaire et l'Europe -

Et s'il a promis qu'il tendait "la main à ceux qui veulent nous rejoindre sur une base claire", il a rappelé que les députés LFI avaient été élus "sur une méthode, celle de l'implication citoyenne". "La France insoumise n'est pas un parti, c'est un mouvement qui se base sur des assemblées citoyennes, les réseaux sociaux... Nous souhaitons en cela renouveler la vie politique de ce pays et pas de manière gadget", a-t-il insisté sans citer le PCF.

Avant les législatives, La France insoumise avait imposé à ses candidats la signature d'une charte par laquelle ils s'engageaient notamment au respect du programme, à leur rattachement financier au mouvement et à une discipline de vote au sein du groupe. Seule incartade à la règle, certains candidats comme François Ruffin ou Clémentine Autain n'avaient pas eu à la signer.

"Nous n'avons pas des orientations très différentes, nous avons soutenu le même candidat à la présidentielle", assure cette dernière, élue en Seine-Saint-Denis. Sauf peut-être la question du nucléaire, dont La France insoumise prône la sortie, ou de l'Europe.

Elle espère, avec Marie-George Buffet ou Stéphane Peu, également un communiste investi par LFI, pouvoir "contribuer à faire émerger" une union, "un groupe à la fois le plus large possible et cohérent".

Mais rien ne garantit que la réconciliation soit possible. D'autant plus si Jean-Luc Mélenchon en personne brigue la présidence du groupe. Réélu dimanche, il faudra compter avec André Chassaigne dont l'inimitié avec le candidat à la présidentielle est notoire et qui a affronté une candidate LFI au premier tour.

D'autres voix dissonent quant à la constitution d'un groupe commun. Élu dans le Nord, Fabien Roussel ne voit pas d'inconvénient à ce "que chaque formation politique ait son groupe, c'est bon pour la démocratie". Un autre communiste rappelle discrètement que "la discipline de vote n'est pas négociable".

Dans ce cas, les communistes pourraient chercher à constituer un groupe avec l'aide d'élus ultramarins comme c'était le cas dans la mandature précédente.

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le