La Primaire Populaire : comment ça marche ?
467 000 électeurs se sont inscrits à la Primaire Populaire, selon les organisateurs. Ils pourront départager en ligne les sept candidats sélectionnés au cours d’un scrutin au jugement majoritaire fin janvier. Ils évalueront chaque candidat en lice en attribuant des mentions, un moyen selon les organisateurs pour l’électorat « de s’exprimer pleinement. »

La Primaire Populaire : comment ça marche ?

467 000 électeurs se sont inscrits à la Primaire Populaire, selon les organisateurs. Ils pourront départager en ligne les sept candidats sélectionnés au cours d’un scrutin au jugement majoritaire fin janvier. Ils évalueront chaque candidat en lice en attribuant des mentions, un moyen selon les organisateurs pour l’électorat « de s’exprimer pleinement. »
Public Sénat

Par Louis Dubar

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Au total, ce sont 467 000 inscrits qui pourront participer à cette initiative citoyenne lancée à l’automne 2020. Les organisateurs l’ont annoncé ce 23 janvier, date limite des inscriptions. Cet électorat doit départager les sept candidats retenus avec ou sans leur consentement, entre les 27 et 30 janvier, lors d’une élection en ligne en un tour. L’initiative citoyenne et indépendante de tout parti politique vise à désigner « la personnalité la plus à même de porter les valeurs écologiques, démocratiques et sociales. »

Les organisateurs revendiquent un corps électoral plus important que celui de la primaire des écologistes de septembre (122 000 inscrits) ou que le congrès des Républicains de décembre (140 000 adhérents). L’objectif était de dépasser ces niveaux. Son ampleur reste toutefois beaucoup moins importante que la participation à la primaire de la gauche de 2017 (2 millions) ou celle de la droite du centre de l’automne 2016 (4,4 millions).

Un scrutin au jugement majoritaire

La spécificité de cette Primaire Populaire repose sur son mode de scrutin particulier : un vote par valeur. Inventé en 2002 par deux mathématiciens français, Rida Laraki et Michel Balinski, le jugement majoritaire est un mode de scrutin « qui modifie certes nos habitudes de vote, mais a l’avantage de favoriser une issue plus proche d’une prise de décision délibérative que le mode de scrutin actuel, le scrutin uninominal à deux tours », explique les organisateurs de la Primaire Populaire. Le but est d’évaluer les programmes en attribuant une mention.

Seront utilisées les mentions « très bien », « bien », « assez bien », « passable » et « insuffisant. » Tous les candidats disposent du même nombre de votes. Pour départager les différents candidats, les organisateurs du scrutin calculent la mention majoritaire ou mention médiane de chaque candidature. Celle rassemblant la meilleure mention majoritaire remporte le scrutin.

 

Les inscrits devront départager les sept candidats de gauche :

  • Anna Agueb-Porterie
  • Anne Hidalgo
  • Yannick Jadot
  • Pierre Larrouturou
  • Charlotte Marchandise
  • Jean-Luc Mélenchon
  • Christiane Taubira

La mise en œuvre de la Primaire Populaire est confiée à la société Neovote, une entreprise spécialiste du vote électronique qui a déjà œuvré à l’organisation et à la réalisation des primaires d’EELV et LR. L’inscription au vote, gratuite, était ouverte à tous les citoyens et toutes les citoyennes « se reconnaissant dans le Socle Commun » de plus de seize ans.

Une initiative qui divise

Seulement, il y a un hic, l’initiative ne suscite pas l’adhésion de tous les participants. Trois des sept prétendants refusent de s’y engager et annoncent qu’ils seront candidats à l’élection présidentielle qu’importe le résultat de la primaire. L’écologiste Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont été rejoints dans leur opposition à ce projet par la maire de Paris, Anne Hidalgo qui avait dans un premier temps, accepté le principe d’une primaire pour désigner une candidature unique. Les candidats d’extrême gauche sont quant à eux absents du scrutin. Ni Fabien Roussel, ni Nathalie Arthaud, ni Philippe Poutou n’ont été sélectionnés.

» Lire aussi : Primaire or not primaire ? Le mois de janvier sera crucial pour la gauche

Les autres candidats engagés dans la Primaire Populaire, Christiane Taubira, Pierre Larrouturou, Anna Agueb-Porterie et Charlotte Marchandise, se sont engagés à respecter les règles du scrutin et de faire campagne pour le candidat remportant l’investiture.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le