Laïcité : Jean-Louis Bianco répond à Manuel Valls
Le président de l’Observatoire de la laïcité a réagi aux propos de Manuel Valls. L’ancien Premier ministre avait estimé que Jean-Louis Bianco n’était « pas à la hauteur de la situation. »  

Laïcité : Jean-Louis Bianco répond à Manuel Valls

Le président de l’Observatoire de la laïcité a réagi aux propos de Manuel Valls. L’ancien Premier ministre avait estimé que Jean-Louis Bianco n’était « pas à la hauteur de la situation. »  
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 « Je crois qu’en effet Jean-Louis Bianco n’est pas à la hauteur de la situation » a déclaré Manuel Valls, dimanche dans Le grand jury (RTL, LCI, le Figaro). Dans son interview, l’ancien Premier ministre évoque le séminaire d’études décoloniales qui devait se tenir à l’université de Limoges mais qui a finalement été annulé. « Quand on laisse des personnalités comme Houria Bouteldja (porte-parole du Parti des indigènes de la république) (…) participer à des colloques universitaires et quand on ne s’émeut pas de ces pratiques, je pense qu’en effet le combat, avec force, mérite d’être mené » avait assené Manuel Valls.

« Je crois qu’en effet Jean-Louis Bianco n’est pas à la hauteur de la situation » déclare Manuel Valls
00:39

« Manuel Valls, autant que je me rappelle, a été ministre de l’Intérieur, a été Premier ministre quand est-ce qu’il a poursuivi ces personnes-là ? » réplique Jean-Louis Bianco. Le président de l’observatoire de la laïcité refuse de « rentrer dans la provocation. » Selon lui, « c’est aux universités de trouver un équilibre, on peut débattre d’un certain nombre de sujets, c’est bien le lieu de l’université. Mais pas n’importe comment et pas dans n’importe quelle condition » précise-t-il.

Jean-Louis Bianco insiste sur le fait que l’observatoire de la laïcité « n’est pas chargé d’être une sorte de police générale, de décider qui doit parler, qui ne doit pas parler suivant que ça plaise ou non à Monsieur Valls. »

Laïcité : « Il y a beaucoup de polémiques qui sont liées à des postures » estime Jean-Louis Bianco
01:15

Il faut « construire un avenir pour ces territoires et sortir enfin de ces ségrégations. Le communautarisme naît aussi d’une ségrégation » affirme Jean-Louis Bianco

Alors que les débats autour de la laïcité ont rarement été aussi sensibles, Jean-Louis Bianco se veut rassérénant. « Je ne crois pas que la laïcité soit en danger, je crois qu’il y a beaucoup de polémiques qui sont liées à des postures, qui visent à exciter les gens, qui sont dangereuses » analyse-t-il.

Jean-Louis Bianco estime que «  la laïcité est attaquée par des gens qui veulent introduire une religion, et notamment l’islam, à la place de la République. » Il assure que « c’est une position qui doit être combattue, fermement, calmement mais qui est très minoritaire. » Le président de l’Observatoire de la laïcité rappelle que « l’immense majorité de nos compatriotes qui est de confession musulmane, de culture musulmane pratiquent leur foi tranquillement sans poser de problème à personne. »

Pour Jean-Louis Bianco, la priorité est de « construire un avenir pour ces territoires et sortir enfin de ces ségrégations. Le communautarisme naît aussi d’une ségrégation, on a des gens complètement homogènes dans un quartier donné » explique –t-il.

Voir l'intégralité de Sénat 360 : 

Sénat 360 (27/11/2017)
29:01

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le