LBD: des ophtalmologues réclament un moratoire sur son utilisation
Plusieurs ophtalmologues réclament à Emmanuel Macron un "moratoire" sur l'utilisation du lanceur de balles de défense (LBD), et s...

LBD: des ophtalmologues réclament un moratoire sur son utilisation

Plusieurs ophtalmologues réclament à Emmanuel Macron un "moratoire" sur l'utilisation du lanceur de balles de défense (LBD), et s...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Plusieurs ophtalmologues réclament à Emmanuel Macron un "moratoire" sur l'utilisation du lanceur de balles de défense (LBD), et s'inquiètent d'une "+épidémie+ de blessures oculaires gravissimes" lors du mouvement des "gilets jaunes", dans un courrier publié par le Journal du dimanche.

"Une telle +épidémie+ de blessures oculaires gravissimes ne s'est jamais rencontrée", s'alarment les 35 ophtalmologues signataires, parmi lesquels des hospitaliers de renom.

Ces professionnels de santé demandent "instamment un moratoire dans l'utilisation de ces armes invalidantes au cours des actions de maintien de l'ordre".

"Notre devoir de médecin est d'alerter", a expliqué à l'AFP Bahram Bodaghi, ophtalmologiste à la Pitié-Salpétrière. "Il n'y a aucune coloration politique, c'est une démarche très humaniste".

"Les blessures oculaires survenues ces dernières semaines ne sont pas dues au hasard ou à l'inexpérience", estiment les signataires dans leur tribune, publiée car leur lettre est restée sans réponse.

Ils ont mis en place une cellule de veille sur les blessures provoquées par les LBD, qui a recensé une vingtaine de personnes ayant perdu un œil, en lien avec la Société française d'ophtalmologie. Celle-ci avait déjà alerté en février la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"Le grand nombre de balles tirées avec une force cinétique conservée à longue distance et l'imprécision inhérente à cette arme devaient nécessairement entrainer un grand nombre de mutilations", poursuivent les ophtalmologues.

Plus de 13.000 tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ont été enregistrés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" en novembre, et 83 enquêtes concernant des tirs de cette arme controversée sont en cours, avait détaillé jeudi le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez.

Malgré les blessures et les polémiques, Beauvau défend constamment l'usage de cette arme dite "intermédiaire" dans les opérations de maintien de l'ordre. En cas de retrait, les forces de l'ordre n'auraient plus que le corps à corps ou leur arme de service pour gérer une situation qui dégénère, argue le ministère.

Fin février, le Conseil de l'Europe avait appelé la France à "suspendre l'usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre" afin de "mieux respecter les droits de l'homme". Le Défenseur des droits réclame lui l'interdiction de cette arme dans l'arsenal du maintien de l'ordre depuis début 2018.

Une pétition contre l'usage de cette arme a également été lancée en janvier par un neurochirurgien de Besançon et totalisait dimanche presque 170.000 signatures. Samedi, pour l'acte 17 des "gilets jaunes", le maire sans étiquette de Phalsbourg (Moselle) a pris un arrêté "symbolique" pour interdire l'usage du LBD sur sa commune.

Depuis le début du mouvement, 2.200 manifestants ont été diversement blessés, et près de 1.500 côté forces de l'ordre, selon l'Intérieur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Patrouille Police municipale a velo a Cannes
7min

Politique

Propos racistes à Carcassonne : quelles sont les obligations des policiers municipaux mis en cause ?

Le parquet a annoncé, mercredi, la suspension de quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d'une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes. L'un d'eux, membre du service d'ordre du RN, a été exclu du parti. Manquement à leur devoir de neutralité et aux conditions d'honorabilité attachées à leurs missions, infraction pénale… que risquent ces agents ?

Le

LBD: des ophtalmologues réclament un moratoire sur son utilisation
3min

Politique

Accès à l’Université : « La place du baccalauréat est une question qui doit être discutée », estime le ministre de l’Enseignement supérieur

Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que la place du baccalauréat devait « être discutée au moment de la présidentielle ». Mardi, un rapport du Sénat a préconisé, entre autres, de supprimer le droit d'accès automatique aux études supérieures des bacheliers.

Le

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le