Le budget 2019 dans les mains de l’Assemblée, bataille autour du pouvoir d’achat
L'Assemblée nationale a entamé lundi le marathon budgétaire, deuxième du quinquennat d'Emmanuel Macron. Le gouvernement défend un...

Le budget 2019 dans les mains de l’Assemblée, bataille autour du pouvoir d’achat

L'Assemblée nationale a entamé lundi le marathon budgétaire, deuxième du quinquennat d'Emmanuel Macron. Le gouvernement défend un...
Public Sénat

Par Ludovic LUPPINO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a entamé lundi le marathon budgétaire, deuxième du quinquennat d'Emmanuel Macron. Le gouvernement défend un projet de loi tourné vers "ceux qui travaillent", tandis que les oppositions dénoncent des mesures "anti-pouvoir d'achat".

Ce projet de budget permet de "renforcer le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent en protégeant les plus vulnérables", a affirmé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin qui défend pour la deuxième année de suite le projet de loi de finances (PLF) pour 2019 aux côtés de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie.

Le premier volet du texte, sur les impôts et taxes, va être examiné toute la semaine, avec plus de 2.000 amendements au menu, soit près du double de l'an dernier. Le vote solennel est programmé mardi 23 octobre.

Le cap a été fixé l'année dernière pour la durée du quinquennat: réduction de la dette et des dépenses publiques accompagnée d'un allègement de la fiscalité sur le capital pour l'orienter vers l'investissement. "La constance est la clé du rétablissement des finances publiques", a souligné M. Le Maire.

Ce PLF a été néanmoins délicat à confectionner, entre croissance revue à la baisse (1,7 % attendus par Bercy contre 1,9%) et engagements européens. Le déficit public devrait atteindre 2,8% du PIB l'an prochain contre 2,6% en 2018.

Alors que la politique d'Emmanuel Macron est perçue comme inégalitaire par une partie de l'opinion, M. Darmanin vante la réduction d'impôts prévue de 6 milliards d'euros pour les ménages, "plus grande baisse" depuis 2008.

Et ce, dans un contexte où les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) battent des records: ils ont dépassé pour la première fois les 1.000 milliards d'euros en 2017, a relevé le rapporteur général, Joël Giraud (LREM). Ils ont cette année-là atteint leur "point le plus haut" en représentant 45,3% du PIB - taux qui devrait retomber à 45% du PIB en 2018 et à 44,2% du PIB en 2019.

- "Trompe-l’œil" -

Le ministre des Comptes publics met en avant "la deuxième tranche de suppression de la taxe d'habitation", "le plein effet des baisses de cotisations sociales", "le coup de pouce aux heures supplémentaires" et "la mesure de correction de la contribution sociale généralisée" (CSG), geste fiscal pour 300.000 retraités.

Des députés LREM veulent aller plus loin en direction des plus modestes et suggèrent notamment "une assurance contre le veuvage", afin de compenser la suppression en 2008 de la demi-part fiscale des veuves.

Pour leur part, les oppositions crient au mensonge sur les 6 milliards de baisse d'impôts, un "trompe-l'oeil" pour LR, un tour de "passe-passe" pour le PS, voire une "arnaque" selon la gauche de la gauche dont les deux motions préalables ont été rejetées. Le député PCF Jean-Paul Dufrègne a dénoncé "un budget d'injustice qui aggravera les inégalités dans ce pays".

Le gain de pouvoir d'achat pour les ménages est estimé à 3,5 milliards, en prenant en compte notamment le quasi-gel des pensions de retraites et des allocations selon une étude de l'Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE). L'Institut des politiques publiques (IPP) table même sur un montant de 1,2 milliard d'euros, en incluant la hausse des taux de cotisation pour les retraites complémentaires des salariés du privé.

- Grogne sur la taxe d'habitation -

Les oppositions veulent être les porte-voix des Français, notamment des retraités qui se préparent à manifester jeudi, pour la quatrième fois en un an, contre les choix budgétaires du gouvernement.

La polémique autour de la hausse des taxes d'habitation dans certaines communes, et le fait que le gouvernement a rejeté la responsabilité aux édiles, ont déjà alimenté le débat dans l'hémicycle. Le président de la commission des Finances à l'Assemblée Eric Woerth (LR), entre autres, a dénoncé un "mauvais procès" fait aux maires autour du hashtag #BalanceTonMaire sur les réseaux sociaux.

parl-ll/cam

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le