Le coronavirus menace la zone euro et l' »avenir politique de notre continent », prévient Le Maire
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a averti jeudi devant l'Assemblée nationale que la crise du coronavirus menaçait l...

Le coronavirus menace la zone euro et l' »avenir politique de notre continent », prévient Le Maire

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a averti jeudi devant l'Assemblée nationale que la crise du coronavirus menaçait l...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a averti jeudi devant l'Assemblée nationale que la crise du coronavirus menaçait l'existence même de la zone euro et "l'avenir politique de notre continent".

"Soit la zone euro réagit de manière unie à la crise économique et elle sortira plus forte, soit elle réagit en ordre dispersé et elle risque de disparaître. Notre responsabilité dépasse donc les seules questions économiques et financières. Il en va de l'avenir politique de notre continent", a-t-il déclaré devant quelques députés, à l'ouverture des débats sur le projet de loi de finances rectificative.

Le ministre a salué les décisions prises jusqu'alors, des 1.000 milliards d’euros de garanties de prêts des pays de la zone euro, au programme d’achat d’actifs annoncé par la Banque centrale européenne.

Selon lui, "la crise actuelle montre cruellement nos faiblesses et nos dépendances" et "dans beaucoup de secteurs industriels stratégiques, par exemple le médicament, nous sommes trop dépendants des approvisionnements en Asie". "Nous devons repenser la mondialisation à l'aune du principe de souveraineté", a-t-il affirmé.

Le projet de loi de finances rectificative présenté met en place une garantie de l'Etat des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d'euros. Combiné à un projet de loi d'urgence qui sera examiné vendredi, il prévoit un arsenal immédiat de 45 milliards d'euros pour soutenir les entreprises en difficulté et le chômage partiel des salariés, dont 32 milliards de report voire d'annulation de charges.

"Les prestataires et les fournisseurs doivent être payés en temps et en heure. Certaines entreprises s’estiment exonérées du paiement de leurs factures à cause de la crise sanitaire que nous vivons. C’est inacceptable et c’est dangereux pour des milliers de petites et moyennes entreprises prestataires", a relevé M. Le Maire, exigeant le respect des règles.

"Nous sommes entrés dans une guerre économique et financière. Cette guerre sera longue. Cette guerre aura un coût, que nous ne pouvons pas estimer totalement au moment où je vous parle", a martelé M. Le Maire, alors que le projet de loi prévoit déjà un recul de 1% du PIB français en 2020.

Le ministre a fait applaudir in fine "toutes ces travailleuses et tous ces travailleurs qui assurent la continuité économique de notre Nation".

Plusieurs députés ont souligné que ces premières mesures françaises, bien qu'"indispensables", ne suffiront pas.

Des parlementaires de droite comme de gauche ont plaidé pour une annulation des charges des entreprises, plutôt que des reports, et un "véritable plan de bataille européen" (Patricia Lemoine, UDI-Agir).

Chez les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon a appelé à faire "naître le neuf" de cette crise du coronavirus, une "maladie globale de la civilisation et de l'écosystème" et a réclamé "souveraineté", "relocalisation" et "politique écologique".

Même s'il votera ce budget rectificatif, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a critiqué "le manque d'anticipation" du gouvernement dans la production de masques pour le personnel soignant.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le