Le projet de loi santé à l’Assemblée lundi, les oppositions dans l’expectative
Fin du décrié "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, nouvelle carte hospitalière, effort accru sur le numérique: l...

Le projet de loi santé à l’Assemblée lundi, les oppositions dans l’expectative

Fin du décrié "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, nouvelle carte hospitalière, effort accru sur le numérique: l...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Fin du décrié "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, nouvelle carte hospitalière, effort accru sur le numérique: l'Assemblée nationale se saisit lundi du projet de loi santé, qui ne suscite pas l'enthousiasme des oppositions.

Le texte relatif à "l'organisation et à la transformation du système de santé" entend permettre un "meilleur accès aux soins sur le territoire", selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Il traduit une partie des mesures du plan "Ma Santé 2022", détaillées en septembre par Emmanuel Macron, et entend notamment répondre au vieillissement de la population, à l'augmentation des maladies chroniques, ou encore tenir compte des évolutions technologiques.

Signe de l'intérêt suscité, alors que les services publics et les soins sont des thèmes récurrents du grand débat national, le grand nombre d'amendements au menu des députés pour toute la semaine, avant un vote solennel en première lecture mardi 26 mars: le rapporteur Thomas Mesnier (LREM) en attend "entre 2.500 et 3.000".

Sans forcément partager le même constat sur le fond, les oppositions de droite comme de gauche s'accordent pour dénoncer l'habilitation à procéder par ordonnances sur plusieurs sujets, en particulier la révision de la carte hospitalière, avec des missions redéfinies pour les "hôpitaux de proximité".

Jean-Pierre Door (LR) a ainsi critiqué en commission un texte "rédigé de façon précipitée" et qui "reste quand même assez flou", tandis que Paul Christophe (UDI-Agir) a dit sa "frustration" face à un projet qui "fait l'impasse sur le débat parlementaire" pour "près du tiers" du texte.

La ministre s'est engagée à associer "étroitement" les parlementaires aux ordonnances.

L'une des mesures phare semble faire relativement consensus: la suppression du "numerus clausus" et du redoutable concours limitant le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine, sages-femmes, dentaire ou pharmacie.

Un carcan censé disparaître à la rentrée 2020, ce qui permettra d'"augmenter de 20% à peu près le nombre de médecins formés", selon Mme Buzyn.

- "Esbroufe" -

Certains députés ont tout de même formulé des réserves, à l'instar du PCF qui craint des résultats "décevants" faute de moyens, ou de la droite, inquiète de la capacité à faire face à "l'afflux supplémentaire" d'étudiants.

Les mesures coercitives devraient également faire débat. M. Mesnier compte notamment revenir sur le stage obligatoire dans des "déserts médicaux" pour les étudiants en médecine, introduit en commission par des élus LREM.

La gauche déplore globalement les "absences" de mesures en matière de prévention, sur le handicap, les établissements psychiatriques ou encore les Ehpad. Le projet de loi est "un cache-misère" selon Caroline Fiat (LFI), pour un secteur en "crise" d'après Pierre Dharréville (PCF), tandis que Joël Aviragnet (PS) dénonce un projet plein d'"esbroufe, dédain et omissions" et qui "déçoit profondément".

Un responsable LREM a formulé par avance des craintes que le texte n'"hystérise". Il s'attend notamment à "un vrai débat" sur les aspects territoriaux, alors que le projet de loi doit aboutir à labelliser entre 500 à 600 "hôpitaux de proximité" d'ici 2022, sans chirurgie ni maternité.

Les Républicains plaident pour que la cartographie de ces établissements soit définie avec les collectivités - qui ont accueilli fraîchement le projet.

"La refonte de la carte hospitalière sera décidée dans les cabinets du ministère", craignent aussi les communistes.

D'autres sujets se sont ajoutés en commission: les députés ont notamment autorisé les pharmaciens à délivrer dans certaines conditions des médicaments normalement sous ordonnance pour des pathologies bénignes, malgré les "réserves" de la ministre.

Le projet prévoit en outre des mesures pour régulariser les médecins étrangers (Padhue) ou un statut unique de praticien hospitalier, qui doit être créé par ordonnance.

En matière numérique, un "espace numérique de santé", regroupant toutes les données du patient, doit voir le jour à l'horizon 2022, accompagné d'un développement du "télésoin". Le rapporteur s'attend à des débats nourris sur l'accès aux données de santé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen came to support the candidate of the Rassemblement National during a visit to La Fleche in the Sarthe region.
14min

Politique

« Ce n’est pas acquis, mais probablement à notre portée » : quelles sont réellement les chances du RN d’avoir un groupe au Sénat ?

Pour les sénatoriales, le RN espère créer son premier groupe à la Haute assemblée. « C’est un objectif qu’on s’est donné mais qui n’est pas si simple à atteindre », reconnaît le vice-président du RN, Sébastien Chenu. Le RN pourrait-il louper le groupe de peu ? On fait le point, département par département, sur les possibilités de victoires du RN. Mais en cas de difficultés, le RN a déjà noué quelques « contacts » avec des sénateurs d’autres groupes qui pourraient faire le transfert…

Le

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le