Le RN reste dans le rouge et perd des adhérents
Le Rassemblement national reste dans le rouge et perd des adhérents, selon les comptes du parti politique publiés vendredi, alors...

Le RN reste dans le rouge et perd des adhérents

Le Rassemblement national reste dans le rouge et perd des adhérents, selon les comptes du parti politique publiés vendredi, alors...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

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Le Rassemblement national reste dans le rouge et perd des adhérents, selon les comptes du parti politique publiés vendredi, alors que cette formation est convoquée début juin en Russie pour un prêt toujours non remboursé.

Le parti présidé depuis 2011 par Marine Le Pen a subi une nouvelle perte en 2018 de 2,4 millions d'euros, selon les comptes du parti arrêtés au 31 décembre 2018 et publiés dans le détail par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Cette perte est moins élevée que celle de l'année précédente, marquée par des élections présidentielle et législatives, qui s'élevait à 7,8 millions d'euros.

Le Front national (devenu Rassemblement national) n'a présenté des comptes en excédent qu'une seule année, en 2011, quand il a vendu son siège - le Paquebot - à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), fait remarquer un ex-membre du RN André Murawski, conseiller régional des Hauts-de-France, qui suit de près les comptes de son ancien parti.

Les charges du personnel (salaires + charges sociales) ont notamment représenté 3,5 millions d'euros en 2018 (contre 4,6 millions en 2017), pour 53 salariés.

Les comptes mentionnent aussi une allocation de remboursement de frais de 60.355 euros à Marine Le Pen en tant que présidente, avec mise à disposition d'un véhicule et d'un chauffeur.

Mme Le Pen a précisé mercredi en conférence de presse mercredi que cette allocation était "soumise à impôts" et qu'elle "souhaitait en garder une confidentialité totale".

- Prêt russe -

La députée du Pas-de-Calais a aussi indiqué disposer d'une indemnité représentative de frais de mandat (devenue "avance pour frais de mandat", d'un montant mensuel de 5.373 euros, NDLR) "très excédentaire", parce qu'elle était "très attentive" à ne "pas mélanger (sa) casquette de présidente de mouvement avec (sa) casquette de députée".

L'endettement du parti fin 2018 atteignait 24,4 millions d'euros, dont 15 millions à échéance de moins d'1 an.

Parmi ces dettes figurent cinq millions d'euros dus aux fournisseurs, et 9,4 millions d'euros d'un prêt russe toujours pas remboursé (à un taux d'intérêt de 6%), ce qui vaut au RN d'être convoqué devant une juridiction russe le 2 juin pour s'en expliquer.

Le RN a indiqué à la CNCCFP que ce prêt contracté en 2014 était "en cours de remboursement", selon les observations des commissaires aux comptes publiées vendredi.

Ces mêmes commissaires notent par ailleurs "l'absence de mention" de l'état des emprunts concernant un prêt de huit millions d'euros provenant d'une personne physique, identifiée par Mediapart comme étant Laurent Foucher, un homme d'affaires français très implanté en Afrique. Le parti a indiqué avoir "entièrement remboursé" ce prêt avant fin février 2018, selon les commissaires.

- "Parfaitement géré" -

Le parti de Marine Le Pen doit également 4,2 millions d'euros au micro-parti Cotelec de l'ancien président du FN Jean-Marie Le Pen, qui doivent être soustraits de l'aide publique allouée au RN en 2020 en tant que parti politique, d'environ cinq millions d'euros.

Les finances du RN ont par ailleurs été fragilisées en 2018 par une saisie judiciaire, sur l'aide publique annuelle, d'1 million d'euros dans l'affaire des emplois fictifs présumés au Parlement européen.

Le parti est aussi en attente du jugement en avril dans l'affaire du financement de sa campagne des législatives de 2012, dans laquelle l'État français a réclamé près de 11,6 millions d'euros de dommages et intérêts.

Côté recettes, les cotisations des adhérents ont baissé à 1,1 million d'euros, après 1,86 million en 2017. Considérant que la cotisation moyenne est de 40 euros, le nombre de militants serait ainsi tombé de 46.000 à 27.000.

Les contributions des élus ont aussi diminué à 919.376 euros en 2018 après 1,09 million en 2017.

"Compte tenu de nos difficultés, des discriminations bancaires, médiatiques, gouvernementales, policières, judiciaires dont nous sommes l'objet, le parti est parfaitement géré", avait assuré fin janvier sur RMC le trésorier du parti, Wallerand de Saint Just, qui n'a pas souhaité commenter ces comptes.

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