Législatives: la mention « majorité présidentielle » trouble la campagne
Par opportunisme ou par proximité idéologique avec Emmanuel Macron, plusieurs candidats aux élections législatives, dont d'anciens ministres PS,...

Législatives: la mention « majorité présidentielle » trouble la campagne

Par opportunisme ou par proximité idéologique avec Emmanuel Macron, plusieurs candidats aux élections législatives, dont d'anciens ministres PS,...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Par opportunisme ou par proximité idéologique avec Emmanuel Macron, plusieurs candidats aux élections législatives, dont d'anciens ministres PS, s'affichent avec la mention "majorité présidentielle" sans être investis par La République en marche, parfois obligée d'intervenir pour clarifier la situation.

Comment s'y retrouver quand deux voire trois aspirants députés se réclament du mouvement d'Emmanuel Macron, tout juste élu à la présidence de la République et désormais en quête d'une majorité à l'Assemblée pour gouverner ?

Dans la 4e circonscription de la Manche (celle de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve qui ne se représente pas) Blaise Mistler, candidat officiel de La République en marche, doit ainsi affronter Sonia Krimi, "marcheuse de la première heure en route pour représenter la majorité présidentielle", comme elle se définit sur son compte Twitter et le décline sur son matériel de campagne.

Catherine Barbaroux, présidente par intérim de la République En Marche, à Paris, le 9 novembre 2015
Catherine Barbaroux, présidente par intérim de la République En Marche, à Paris, le 9 novembre 2015
AFP/Archives

Dans la 4e des Vosges, ce sont trois postulants qui se revendiquent "majorité présidentielle", tout comme dans la 1re du Maine-et-Loire où Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a été investi de longue date par La République en marche. Celui-ci doit notamment composer avec Luc Belot, député PS sortant, qui avait soutenu Benoît Hamon durant la campagne présidentielle mais "sort des affiches +majorité présidentielle+, des tracts avec le nom de Macron qui apparaît 18 fois", selon M. Orphelin.

"En Marche 49 a fait dimanche soir un communiqué où on appelle ces candidats à la clarté", poursuit M. Orphelin. "On comprend pourquoi le candidat du PS veut cette ambiguïté: pour profiter de notre dynamique et pour tromper les électeurs", ajoute-t-il en dénonçant "des manoeuvres de la vieille politique dont les citoyens ne veulent plus".

Ce phénomène, qui concerne "2-3 dizaines" d'affaires "peut-être un peu plus" est "compliqué" à contrôler, dit Grégoire Potton, qui cornaque la campagne des législatives pour La République en marche.

Catherine Barbaroux, présidente par intérim de La République en marche, plaide donc pour "une régulation sur le terrain" en soulignant que des "30-40 cas de dissidence" claire recensés, il n'en restait plus que "4-5 à régler" mardi matin.

- 'Zones grises' -

"On épaule, s'il faut faire des communiqués, des mises au point. On se réserve la possibilité d'aller faire campagne pour les candidats menacés avec un ministre, de ne pas les laisser aux prises avec une ambiguïté malsaine", assure-t-elle en déplorant "des cas où vous avez un candidat qui met plus de photos d'Emmanuel Macron que de lui-même alors que ce n'est pas le candidat investi par le mouvement".

Ces exemples illustrent en réalité une myriade de situations différentes et autant de "zones grises", dit Mme Barbaroux.

Ainsi, La République en marche regarde avec un oeil plutôt bienveillant les anciens ministres du gouvernement sortant Manuel Valls, Marisol Touraine ou Myriam El Khomri se servir de la mention "majorité présidentielle" sur leurs affiches.

Plusieurs candidats socialistes ont suivi ces exemples: le Premier secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis évaluait lundi leur nombre à "une petite quinzaine", mais sans doute sont-ils plus, dans le sillage de Malek Boutih (Essonne), Bernadette Laclais (Savoie), Pierre-Yves Le Borgn' (Français de l'étranger), Anne Dillenseger (Côte-d'Or)...

Les législatives dans la foulée d'une présidentielle
Les législatives dans la foulée d'une présidentielle
AFP

Parmi eux, Eric Vève, postulant dans la 2e circonscription du Calvados, qui "considère que c'est de notre responsabilité collective que de faire en sorte que ce quinquennat soit une réussite".

"Sur le terrain, dans les marchés, le discours de rassemblement est audible", insiste-t-il. "Avec des poids lourds de droite nommés au sein du gouvernement, je dis qu'il faut des députés de gauche au sein de la majorité présidentielle".

L'abstention aux législatives
L'abstention aux législatives
AFP

Même positionnement pour Pierre Jouvet dans 4e de la Drôme, qui espère "orienter la majorité vers des réformes plus sociales". "Je pense qu'à la fin, on constituera une groupe de gauche autonome au sein de la majorité présidentielle", avance-t-il.

Si les candidats PS n'hésitent pas à afficher leur proximité avec Emmanuel Macron, les Républicains ont, eux, "une approche plus nuancée et prudente de la campagne", souligne Catherine Barbaroux.

Le député socialiste Daniel Vaillant lors d'une réunion au siège du PS à Paris, le 14 décembre 2015
AFP

"Ils ont un potentiel électoral qu'ils estiment supérieur à celui du PS, qui n'a pas d'autre choix que d'essayer de profiter de la dynamique du mouvement", remarque-t-elle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives: la mention « majorité présidentielle » trouble la campagne
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le