Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le gouvernement compte plus de femmes que d'hommes, Premier ministre compris, après le départ de François de Rugy remplacé par Elisabeth Borne, selon une base de données tenue par l'AFP.
Avec le départ du ministre de la Transition écologique, il y a désormais 18 femmes et 17 hommes au gouvernement, en comptant le Premier ministre. Les femmes restent toutefois moins nombreuses aux postes de ministres de plein exercice (9 femmes, 10 hommes) et surreprésentées chez les secrétaires d'Etat (9 femmes, 6 hommes).
Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, le gouvernement a été strictement paritaire pendant 75% du temps (589 jours sur 788).
- Long chemin -
Un long chemin a été parcouru depuis le premier gouvernement de la Ve République, qui ne comptait en 1959 qu'une seule femme, la secrétaire d'Etat Nafissa Sid Cara (questions sociales en Algérie). A son départ en 1962, le gouvernement sera 100% masculin jusqu'à la nomination, après les événements de mai 1968, de la secrétaire d'Etat Marie-Madeleine Dienesch (Education nationale).
Simone Veil, ministre de la Santé et de la Famille sous Valéry Giscard d'Estaing, le 21 mai 1979
AFP
Il faudra attendre l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 pour qu'une femme occupe un ministère de plein exercice: Simone Veil (Santé). Les femmes restent alors largement minoritaires, le taux de féminisation oscillant entre 5% et 20% sous Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand.
Elles font une première percée après l'élection de Jacques Chirac en 1995, avec la nomination de 12 femmes (28%) par son Premier ministre Alain Juppé. Mais huit de ces ministres surnommées les "juppettes" s'en iront au bout de six mois.
La féminisation atteindra un nouveau pic début 2000, à 38%, sous la cohabitation avec le Premier ministre socialiste Lionel Jospin, avant de rechuter autour de 20% après la réélection de Jacques Chirac en 2002.
Elle a, depuis, augmenté sous chaque quinquennat, oscillant entre 23% et 36% sous Nicolas Sarkozy, entre 45% et 50% sous François Hollande et entre 47% et 51% sous Emmanuel Macron.
- Plafond de verre au Quai d'Orsay -
Pourtant, certains ministères restent très masculins, au premier rang desquels les Affaires étrangères.
Composition du gouvernement
AFP
Depuis l'élection de M. Sarkozy en mai 2007, le Quai d'Orsay n'a été dirigé que 2% du temps par une femme, avec le passage éclair de Michèle Alliot-Marie en 2010-2011.
Toujours depuis mai 2007, l'Intérieur (17%), les Armées (18%), l'Education nationale (22%), les principaux ministères économiques (24%) et le porte-parolat (26%) sont également très masculins.
A l'inverse, le ministère de la Justice a été, depuis 2007, majoritairement dirigé par des femmes (76%). La Culture (70%) et les principaux ministères sociaux (68%) sont aussi très féminins.
Enfin, sous la Ve République, une seule femme a occupé le poste de Premier ministre: Edith Cresson, de mai 1991 à avril 1992.
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