Les fonctionnaires appelés à la grève le 9 mai contre la réforme
Face à un gouvernement qui, selon eux, "fait fi du dialogue social" dans sa volonté de réformer la fonction publique, sept...

Les fonctionnaires appelés à la grève le 9 mai contre la réforme

Face à un gouvernement qui, selon eux, "fait fi du dialogue social" dans sa volonté de réformer la fonction publique, sept...
Public Sénat

Par Sandra LACUT

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Face à un gouvernement qui, selon eux, "fait fi du dialogue social" dans sa volonté de réformer la fonction publique, sept syndicats de fonctionnaires appellent les 5,5 millions d'agents publics à une journée d'action et de grève le 9 mai.

CGT, Unsa, FSU, Solidaires, FA-FP, CFE-CGC et CFTC ont lancé cet appel mercredi lors d'une conférence de presse commune, estimant que le projet de réforme, sur lequel le processus de consultation s'est achevé lundi, "tourne le dos aux principes de la fonction publique".

Interrogés par l'AFP, FO et la CFDT ont jugé cet appel "prématuré", le premier n'excluant pas de se joindre au mouvement, la seconde disant n'avoir "pas encore arrêté sa position".

"Quand on voit qu'au bout d'un an rien de ce qu'on a pu dire ou proposer n'a été retenu, on voit bien quelles sont les intentions du gouvernement de mener à bien son projet et de faire fi de tout dialogue social", a déclaré Bernadette Groison (FSU).

Le projet de loi, qui pourrait donner lieu à une dizaine d'ordonnances, prévoit une refonte, comme dans le privé, des instances de dialogue social, un recours accru aux contractuels, une plus grande individualisation de la rémunération, ainsi que des mesures pour "favoriser la mobilité" des agents, qui s'inscrivent dans l'objectif gouvernemental de réduction des effectifs de 120.000 postes d'ici à 2022.

- Possibilités de dialogue "épuisées" -

"Compte tenu de la détermination" du gouvernement "à vouloir passer en force sur ce projet de loi, qu'il veut présenter le 27 mars en Conseil des ministres et ensuite au Parlement, nous considérons nécessaire d'en appeler aux agents" pour une journée d'actions et de grève "pour dénoncer" ce projet, a expliqué Mme Groison.

"Nous continuons de dire" que ce texte "tourne le dos aux principes de la fonction publique" et qu'il va "encore dégrader les services publics et les conditions de travail des agents dont nous continuons à demander une revalorisation des rémunérations", a-t-elle ajouté.

Hormis la journée du 9 mai, les syndicats appellent à des rassemblements devant les préfectures ainsi qu'à Paris, place Chassaigne-Goyon, le 27 mars.

Cette date pour une présentation du projet de loi en Conseil des ministres a été plusieurs fois avancée mais rien n'est "arrêté à ce stade", avait indiqué lundi l'entourage du secrétaire d'Etat Olivier Dussopt.

Son adoption par le Parlement est programmée "d'ici à la fin du premier semestre", selon le gouvernement.

Pour Jean-Marc Canon (CGT), "les possibilités de dialogue social avec le gouvernement sont épuisées" et le 9 mai s'inscrit dans un "processus d'action pour informer, sensibiliser" et "faire monter le rapport de force vis-à-vis de ce projet de loi".

Luc Farré (Unsa) a déploré de son côté que "tous les amendements déposés par les syndicats (n'aient) pas été acceptés par le gouvernement". Il a notamment cité "la rupture conventionnelle", un dispositif émanant du secteur privé, "jamais présenté, ni cité (devant les syndicats) durant toute l'année 2018", au cours de laquelle syndicats et gouvernement se sont rencontrés à une cinquantaine de reprises.

"La population doit comprendre que ce projet de loi est une des pierres angulaires qui permet de casser l'ensemble de la fonction publique", a dénoncé Gaëlle Martinez (Solidaires), regrettant des "attaques répétées du gouvernement qui s'agrègent contre les missions de service public".

Partager cet article

Dans la même thématique

Les fonctionnaires appelés à la grève le 9 mai contre la réforme
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Les fonctionnaires appelés à la grève le 9 mai contre la réforme
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le