Les « gilets jaunes » lancent samedi un « ultimatum » à Emmanuel Macron
Les "gilets jaunes", en quête d'une remobilisation dans la rue, veulent marquer les esprits samedi avec une 18e journée de...

Les « gilets jaunes » lancent samedi un « ultimatum » à Emmanuel Macron

Les "gilets jaunes", en quête d'une remobilisation dans la rue, veulent marquer les esprits samedi avec une 18e journée de...
Public Sénat

Par Simon VALMARY

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Les "gilets jaunes", en quête d'une remobilisation dans la rue, veulent marquer les esprits samedi avec une 18e journée de manifestation présentée comme un "ultimatum" au président Macron, à l'occasion de la fin du débat national et des quatre mois du mouvement.

Depuis plusieurs semaines, le 16 mars est annoncé comme un rendez-vous clé, avec un appel à converger vers Paris pour renouer avec les démonstrations de force des premiers week-ends, alors que le nombre de manifestants a chuté ces dernières semaines.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, contestés par les "gilets jaunes", ils étaient 28.600 manifestants en France samedi dernier, contre 282.000 le 17 novembre lors de l'acte inaugural du mouvement.

"Maintenant, on va passer aux choses sérieuses: l'acte 18 arrive et ça, Macron, tu peux te méfier parce que ça va être un regain de mobilisation", annonçait samedi soir l'une des figures du mouvement, Eric Drouet. "Il va y avoir un seul point de convergence pour ceux qui peuvent: ça va être Paris".

"Il va y avoir beaucoup de personnes, il va pas falloir lâcher. (...) On attend les Toulousains avec impatience, les Bordelais, les Marseillais, les Rouennais...", ajoutait ce chauffeur-routier de Seine-et-Marne, qui a aussi évoqué le renfort de sympathisants d'Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne.

"C'est une journée qui est annoncée chargée", a confirmé à l'AFP une source policière: "Il y a beaucoup de facteurs qui permettent d'envisager une mobilisation supérieure à celle des précédents samedis".

Le Grand débat, lancé par Emmanuel Macron pour tenter d'éteindre la colère, s'achève vendredi après deux mois de réunions partout en France et des propositions tous azimuts. Une "mascarade" pour de nombreux "gilets jaunes", qui entendent reprendre la main quatre mois après le début du mouvement.

A Paris, cette date symbolique coïncide avec la "Marche du siècle" pour le climat, la "Marche des solidarités" contre les violences policières et le "racisme d'Etat" et une journée d'action des forains.

- Samedi "mémorable" ? -

Aucune manifestation de "gilets jaunes" n'a été déclarée, mais plusieurs événements Facebook ont été créés, dont un "Acte 18 - Ultimatum - La France entière à Paris", ainsi que des pages pour organiser covoiturages et hébergement depuis la province. "Bande-annonces" vidéo et textes aux tonalités insurrectionnelles ont également fleuri sur les réseaux sociaux.

Des rendez-vous ont été donnés dès le matin aux abords de plusieurs gares, place du Châtelet, sur les Champs-Elysées...

"Il y a des indications que des éléments radicaux vont se mobiliser à Paris", souligne également une source policière, tandis qu'à l'Intérieur, on assure "rester vigilant et mobilisé".

Des actions sont aussi prévues en régions (Bordeaux, Lyon, Montpellier, Dijon, Caen...)

A Paris ou ailleurs, "le 16 mars, il faut sortir (...) Sortez, sortez, sortez le 16 mars", a exhorté le député La France Insoumise (LFI), François Ruffin, indiquant qu'il serait présent à Paris et à Dions (Gard), "le gros point de rassemblement du Sud de la France".

Tout en reconnaissant que "c'est un mouvement social qui marquera notre histoire", le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a, lui, estimé qu'il n'avait "aujourd'hui plus de revendications politiques" et "plus de logique". "Le but est de manifester en soi, d'empêcher les policiers d'être là et de laisser les casseurs faire quelquefois", a-t-il estimé sur BFMTV.

Des figures du mouvement ont décliné par avance toute responsabilité dans d'éventuelles violences.

"J'appellerai pas à la non-violence, j'appellerai pas à la violence, j'appelle plus à rien. (...) Pendant 17 semaines, on a essayé, de façon majoritairement pacifique, de leur faire reprendre raison (au gouvernement, ndlr) et ils n'ont pas voulu nous écouter (...) Samedi, ils se démerdent et ils subiront les conséquences de 17 semaines de foutage de gueule", a déclaré Maxime Nicolle dans une vidéo dimanche.

"Ça risque d'être mémorable", annonce-t-il: "C'est un week-end parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation. (...) Il y a énormément de choses qui vont se jouer".

Un "blocage national total" visant les raffineries, ports et autres infrastructures économiques est envisagé dans les prochaines semaines.

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