Les véhicules les plus polluants interdits dans le Grand Paris
Les véhicules les plus polluants ne devront plus circuler dans 47 communes du Grand Paris autour de la capitale à partir de lundi...

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Public Sénat

Par Cécile AZZARO

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Les véhicules les plus polluants ne devront plus circuler dans 47 communes du Grand Paris autour de la capitale à partir de lundi, une mesure sans sanction jusqu'en 2021 afin de laisser passer la période sensible des élections municipales.

Votée en novembre pour lutter contre la pollution automobile, cette mesure de la Métropole du grand Paris (MGP) est permanente et n'est pas liée à la canicule qui s'est s'installée sur la France et a provoqué une pollution à l'ozone, entrainant la mise en place de la circulation différenciée dans plusieurs villes, dont Paris.

La pollution automobile cause "6.600 morts par an prématurées" dans le périmètre de la métropole, a souligné mercredi le président de la MGP Patrick Ollier (LR) lors d'une conférence de presse.

Et l'OMS a classé en 2013 la pollution de l'air comme agent cancérogène, a insisté Ludovic Toro, président de la commission santé à la MGP. "Le temps de l'action est là", a-t-il déclaré, affirmant que cette pollution "tuait plus que le tabac".

A partir de lundi, tous les véhicules classées Crit'Air 5 ou non classés, c'est-à-dire les véhicules diesel de plus de 18 ans et essence de plus de 21 ans seront donc interdits de circuler dans une Zone dite "à faible émission" (ZFE), située à l'intérieur de l'A86, qui forme une boucle autour de Paris.

"Environ 30.000 véhicules, sur 5,5 millions d'habitants" sont potentiellement concernés, selon M. Ollier.

Mais la mesure étant mise en place sur la base du volontariat des communes, toutes celles du périmètre concerné n'y participent pas. Au total, une majorité (47 sur 79) ont choisi d'adhérer au dispositif, soit "74% de la population" concernée, ainsi que quatre communes hors du périmètre.

Et aucune sanction n'est prévue avant 2021, a assuré M Ollier. "Il y aura une période de pédagogie", avec des contrôles aléatoires, "et ensuite une période de sanction, à partir de 2021", après les élections municipales de mars 2020, a-t-il dit, reconnaissant que certains maires pouvaient être "réticents" à mettre en place un dispositif pénalisant pour leurs administrés.

-"Écologie acceptée"-

"Nous ne voulons pas une écologie imposée, mais une écologie acceptée et issue de la concertation", a-t-il expliqué. Un calendrier progressif doit ensuite étendre cette interdiction aux autres vignettes, pour atteindre en 2030 l’objectif de 100% de "véhicules propres" en circulation.

Selon une étude d'Airparif, la ZFE permettra de réduire dès la première étape (crit'air 5) les émissions de pollution (-3% pour le dioxyde d'azote par exemple).

En attendant les sanctions, La MGP "travaille avec l'Etat pour la mise en place d'une vidéo-verbalisation".

Mais "si on attend 2021 pour la verbalisation, c'est aussi parce que je souhaite que l'interdiction au niveau de la Metropole du grand Paris et celle de la ville de Paris soit la même", a-t-il justifié. Paris a lancé dès 2015, une première zone à circulation restreinte, puis depuis 2017 a interdit la circulation des véhicules Crit'air 5. Lundi, ce sera au tour des véhicules estampillés Crit'air 4 d'être interdits dans la capitale.

A partir du 1er juillet, les personnes qui souhaiteront renouveler leur voiture en raison de cette interdiction pourront se rendre sur un "guichet unique" (www.primealaconversion.gouv.fr) pour savoir si elles peuvent et comment bénéficier d'aides financières (prime à la conversion et bonus ecologique de l'Etat, aides de la MGP, de la ville de Paris ou de la région IDF).

Dans ce cadre, la métropole a augmenté sa subvention de 5.000 à 6.000 euros pour les plus modestes, ce qui permet d'obtenir des aides cumulées allant jusqu'à 17.000 euros pour un véhicule neuf, et 10.000 euros pour un véhicule d'occasion. Au total, la MGP dispose d'une enveloppe de "6 millions d'euros" pour ces aides, "mais elle peut être élargie", a assuré son président.

"Il y a une question à régler, le reste à charge pour les personnes très défavorisées", a expliqué Daniel Giraud, vice président de la métropole. Des discussions sont en cours avec l'Etat concernant la mise en place de prêts à taux zéro et de dispositifs de micro-crédits pour ces publics.

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