Loi alimentation : les sénateurs veulent rétablir l’objectif de 20% de bio dans les cantines
Après avoir supprimé dans sa copie le minimum de 20% de produits bio dans l’approvisionnement de la restauration collective publique, la commission des Affaires économiques se montre désormais favorable à un amendement qui rétablira cet objectif en séance.

Loi alimentation : les sénateurs veulent rétablir l’objectif de 20% de bio dans les cantines

Après avoir supprimé dans sa copie le minimum de 20% de produits bio dans l’approvisionnement de la restauration collective publique, la commission des Affaires économiques se montre désormais favorable à un amendement qui rétablira cet objectif en séance.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La majorité sénatoriale au sein de la commission des Affaires économiques mange son chapeau. Réunie ce matin pour examiner les quelque 800 amendements déposés sur le projet de loi agriculture et alimentation, la commission a décidé de rétablir en séance l’objectif de 20% de produits bio servis dans la restauration collective publique d’ici le 1er janvier 2022, et donc de revenir sur sa position. Elle avait supprimé dans son texte adopté le 14 juin cette mesure symbolique du projet de loi. La décision avait fait grand bruit, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Stéphane Travert avait déclaré qu’il allait « convaincre » les sénateurs de revenir sur leur position.

Les choses ont semble-t-il évolué. Les deux rapporteurs du texte, Anne-Catherine Loisier (Union centriste) et Michel Raison (Les Républicains) ont déposé ce mardi 26 juin un amendement, qui sera soutenu au nom de la commission au cours des débats sur le texte, qui doivent débuter ce soir. L’exposé des motifs précise que l’amendement « préserve l’ambition du dispositif adopté » par les députés, mais qu’il « en assouplit certaines des modalités ».

« Les filières sont plutôt parties prenantes pour y arriver »

Les sénateurs LR estimaient il y a deux semaines que cet objectif contraignant de 20% de bio n’était pas compatible avec toutes les capacités de production et que certaines collectivités ou organismes auraient pu avoir recours à des importations.

« On s’aperçoit que, finalement, on a quand même toute une partie des cantines où on y arrive et que les filières sont plutôt parties prenantes pour y arriver », explique à Public Sénat le sénateur Michel Raison, qui estime que la précédente position de sa commission n’avait « pas été très bien comprise ». « La commission n’avait pas non plus tout supprimé. En l’incluant dans les 50% [de produits de qualité], et sans parler des 20% [de bio], il y avait le bio quand même », argumente-t-il. Pour lui, loi ou pas, l’agriculture prend de plus en plus la direction du bio.

 « Satisfaction » de l’écologiste Joël Labbé

20% de bio dans les cantines : la « satisfaction » de l’écologiste Joël Labbé
00:51
Images : Jordan Klein

 À la sortie de la réunion de la commission, le sénateur écologiste Joël Labbé fait part de sa « satisfaction ». Il estime qu’une mobilisation de la société civile a permis de faire évoluer le texte sur ce point. « Elle a mis de la pression depuis la semaine dernière, j’y ai contribué aussi par une lettre ouverte. Je pense que là c’est le contre-lobbying qui joue aussi son rôle. C’est drôlement important de s’appuyer surs les aspirations sociétales. »

L’élu du Morbihan regrette toutefois la rapidité des échanges en commission. « Je rappelle au gouvernement qu’on travaille dans des conditions impossibles », s’agace-t-il. D’après lui, les sénateurs, n’ont pas eu le temps d’analyser précisément l’amendement.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Missing Girl
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il y a une chaîne judiciaire qui n’a pas fonctionné, c’est assez accablant », affirme Isabelle Florennes

Depuis les révélations autour du profil de Jérôme Barella mis en examen pour enlèvement et séquestration de Lhyanna dans le Gers le 29 mai, la classe politique jusqu’à Emmanuel Macron pointe les failles de la justice. Les sénateurs attendent que les résultats de l’enquête administrative diligentée par le gouvernement leur soient présentés dans les semaines à venir.

Le

PARIS Gerald Darmanin place Vendome
4min

Politique

Affaire Lyhanna : que dit la circulaire de Gérald Darmanin de 2025 ?

Une semaine après la disparition de la jeune Lyhanna à Fleurance, Gérald Darmanin dénonce les « dysfonctionnements » de l’État dans le suivi du principal suspect, actuellement mis en examen. Le ministre de la Justice fait notamment référence à sa circulaire de politique pénale générale, envoyée en janvier 2025, où il appelait au « traitement prioritaire » des violences sur enfants. Celle-ci n’aurait pas été respectée.

Le

SoftBank CEO Masayoshi Son Meets French President Emmanuel Macron at Elysee Palace
2min

Politique

Lyhanna : Emmanuel Macron dénonce un « dysfonctionnement inacceptable », Sébastien Lecornu demande que « les conclusions de l’enquête administrative lui soient remises sous 15 jours »

Au lendemain de la découverte dans le Gers d'un corps étant probablement celui de Lyhanna, le président de la République dénonce depuis le Monténégro, un « dysfonctionnement inacceptable ». A l’issue de réunion de crise à Matignon entre Gérald Darmanin, Laurent Nunez et Sébastien Lecornu, ils « ont fait état d’éléments accablants dans la procédure, à tous les niveaux ».

Le

Loi alimentation : les sénateurs veulent rétablir l’objectif de 20% de bio dans les cantines
3min

Politique

Loi de programmation militaire : le sénateur LR Hugues Saury appelle à des négociations en vue de la commission mixte paritaire

Interrogé sur Public Sénat, le sénateur LR Hugues Saury assume le rejet par son groupe, mardi, de l’article phare de la loi de programmation militaire. La droite espère encore arracher une rallonge supplémentaire à la hausse de 36 milliards d’euros du budget des armées inscrite dans le texte, qui file en commission mixte paritaire.

Le