Loi école: le Sénat supprime le regroupement collège-école, sans opposition du ministre
Le Sénat a supprimé la disposition contestée du projet de loi école permettant un regroupement des classes d'un collège et d'une...

Loi école: le Sénat supprime le regroupement collège-école, sans opposition du ministre

Le Sénat a supprimé la disposition contestée du projet de loi école permettant un regroupement des classes d'un collège et d'une...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a supprimé la disposition contestée du projet de loi école permettant un regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'un nouveau type d'établissement "des savoirs fondamentaux", sans opposition du ministre de l'Éducation qui s'en est remis à la "sagesse" des sénateurs.

"Nous avons clairement le sentiment qu'il y a besoin de temps, de maturation", a déclaré Jean-Michel Blanquer, soulignant qu'"on ne peut pas ne pas entendre" la contestation qui s'est exprimée ces dernières semaines.

Cette disposition avait été introduite par voie d'amendement d'une députée LREM à l'Assemblée nationale, suscitant l'inquiétude des parents d'élèves, du corps enseignant comme des élus locaux.

En commission, les sénateurs l'avaient supprimée à l'unanimité, mais en séance publique, vendredi, Jacques Grosperrin (LR) a défendu un amendement proposant une nouvelle rédaction pour ce type d'établissement, avec des garanties explicites pour tenter d'apaiser les inquiétudes. "Ceintures et bretelles", a commenté sa collègue Laure Darcos.

Cet amendement "de compromis" a finalement été retiré par son auteur, à l'issue d'un long débat, le ministre s'en remettant à la sagesse du Sénat.

Tout en défendant "la raison d'être" du dispositif - assurer pour les élèves "un continuum" entre le primaire et le collège -, Jean-Michel Blanquer a dit entendre "parfaitement ceux qui disent que c'est prématuré".

"Peut-être peut-on consacrer certains principes à l'occasion de cette loi, c'est une question qui reste ouverte", a-t-il poursuivi. "Ce qui est certain, c'est que le débat est très ouvert désormais et de toute façon ça n'est pas un sujet seulement des prochains jours, des prochaines semaines à la faveur de cette loi, mais c'est un sujet des prochains mois pour avoir la plus vaste concertation avec les associations d'élus, avec les syndicats".

La gauche a exprimé son opposition à toute réintroduction de la mesure, Marie-Pierre Monier (PS) dénonçant dans l'amendement Grosperrin "une forme certes plus habile, mais aux conséquences toujours néfastes pour les territoires et les services publics".

"Ne soyons pas les fossoyeurs de nos écoles rurales", a-t-elle exhorté, tandis que Céline Brulin (CRCE à majorité communiste) estimait que cette "modification profonde de l'organisation scolaire mérite des études approfondies".

Pointant "un véritable cas d'école", Philippe Dallier (LR) a jugé qu'"un tel sujet ne peut pas être porté autrement que par le gouvernement après une concertation la plus large possible et absolument pas par voie d'amendement". Et d'inviter le ministre - qui ne voulait pas de loi portant son nom - "à déposer rapidement une loi +Blanquer 2+".

En retirant son amendement, M. Grosperrin a souligné que "l'école du socle reste néanmoins à construire, à reconstruire", et a formulé le voeu que l'amendement, dans sa version votée à l'Assemblée nationale, ne revienne pas en commission mixte paritaire députés-sénateurs ou en nouvelle lecture.

Le Sénat a achevé vendredi soir l'examen en première lecture des articles du projet de loi "pour une école de la confiance", au terme de quatre jours de débats intenses. Un vote solennel sur l'ensemble du texte sera organisé mardi.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le