Loi Schiappa: face aux critiques, 79 parlementaires LREM défendent une « loi de progrès »
Face aux critiques visant la loi contre les violences sexuelles et sexistes, notamment concernant la protection des mineurs, 79...

Loi Schiappa: face aux critiques, 79 parlementaires LREM défendent une « loi de progrès »

Face aux critiques visant la loi contre les violences sexuelles et sexistes, notamment concernant la protection des mineurs, 79...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Face aux critiques visant la loi contre les violences sexuelles et sexistes, notamment concernant la protection des mineurs, 79 députés et sénateurs LREM défendent une "loi de progrès", dans une tribune au Journal du dimanche.

Les signataires, au premier rang desquels Alexandra Louis, rapporteure du texte à l'Assemblée, répondent à une autre tribune d'associations et de professionnels de la protection de l'enfance, qui dénonçaient un "statu quo" dans la protection des mineurs dans la précédente livraison du JDD.

"Nous regrettons et ne comprenons pas cette prise de position", écrivent les parlementaires, qui énumèrent toutes les mesures qui en font, selon eux, une "loi de progrès": allongement de la durée de prescription des viols sur mineurs, sanctions contre les "raids numériques" dont sont victimes les enfants, sanctions plus sévères pour les violences conjugales en présence de mineurs, etc...

Les élus regrettent que les détracteurs de la loi "n'évoquent quasiment aucune de ces mesures mais concentrent leurs griefs sur l'article 2 de la loi", relatif aux abus sexuels sur les mineurs.

L'article prévoit que lorsque les faits sont commis sur "un mineur de quinze ans", "la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l'abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes". Cette formulation est loin de l'intention initiale d'instaurer une "présomption de non-consentement", qui considérait comme un viol toute pénétration sur un mineur de moins de 15 ans.

Les parlementaires LREM rappellent que cette proposition "n'a pas été retenue" parce qu'elle courait un "risque réel d'inconstitutionnalité". Et sur le fond, ils estiment que la "présomption n'empêcherait pas le débat sur l'existence d'une contrainte ou d'une surprise (...) puisque le propre d'une présomption est de pouvoir être renversée".

Selon eux, "les débats autour de cette présomption traduisent semble-t-il une certaine défiance à l'égard du juge qui garde une marge d'appréciation".

Mais au sein de la majorité, tout le monde n'est pas sur la même ligne.

"En tant que femme, mère et élue, j'ai honte !" lâche Nathalie Elimas, députée Modem qui avait défendu des amendements en faveur d'une présomption de contrainte, dans une tribune au Parisien.

Elle dédie son texte à Sarah, collégienne de 11 ans dont la relation sexuelle avec un homme de 28 ans avait, dans un premier temps, été qualifiée d'atteinte sexuelle, le parquet ayant estimé que la pré-adolescente était consentante. Une information judiciaire pour viol avait finalement été ouverte par la suite.

Pour la députée, la loi française "a fait de Sarah une double victime", "victime de son bourreau" et "victime des législateurs, qui n'ont su protéger les enfants de leurs agresseurs". Selon elle, l'Assemblée a "échoué" à adopter "un texte à la hauteur des enjeux".

Elle prévient, dans sa tribune, qu'elle saisira "toutes les occasions possibles et pourquoi pas la réforme judiciaire à venir pour aller plus loin".

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le