Loi travail : « une situation un peu baroque » selon l’économiste Henri Sterdyniak
Invités de l’émission « On va plus loin », l’économiste Henri Sterdyniak et Alexandre Malafaye, le fondateur du think tank Synopia, débattent autour de la loi travail.

Loi travail : « une situation un peu baroque » selon l’économiste Henri Sterdyniak

Invités de l’émission « On va plus loin », l’économiste Henri Sterdyniak et Alexandre Malafaye, le fondateur du think tank Synopia, débattent autour de la loi travail.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que le projet de loi d’habilitation permettant au gouvernement de légiférer par ordonnances sur la réforme du code du travail, arrivera en séance au Sénat la semaine prochaine, les invités du « Match des idées » de l’émission « On va plus loin » se penchent sur la méthode employée.

L’économiste à l’OFCE Henri Sterdyniak évoque « une situation un peu baroque » : « On vote d’un côté, une loi qui autorise le gouvernement à légiférer par ordonnances mais qui ne donne pas le contenu de la loi. Et puis par ailleurs, on a le contenu qui est plus ou moins négocié avec les syndicats, sachant que la négociation ne va sans doute pas jusqu’au bout (…) Tout le jeu du gouvernement, ça va quand même être de réussir à obtenir l’aval de certains des syndicats sans trop édulcorer sa loi. C’est un jeu habituel ».

Au contraire, pour Alexandre Malafaye, le fondateur du think tank Synopia « tout le monde a l’air de s’y retrouver ». « La méthode est intéressante » poursuit-il. Avec un bémol :

« Je trouve que c’est sans doute  dommage de ne pas avoir associé les professionnels du droit à cet immense chantier (…) À un moment donné, il faut prendre l’expertise de l’ensemble des parties prenantes ».

Le gouvernement présentera fin août le contenu des ordonnances aux partenaires sociaux. Mais d’ores et déjà, Jean-Luc Mélenchon a annoncé l’organisation d’un « rassemblement populaire » le 23 septembre à Paris, alors que la CGT et Sud ont lancé un appel à la mobilisation pour le 12 septembre.

Alexandre Malafaye souhaiterait que chacun laisse du temps au temps pour que  cette loi travail porte ses fruits : « L’idée, ce sera de porter un jugement dans deux, trois ans. Si ces mesures-là créent véritablement une dynamique économique et que ça crée de la richesse et de l’emploi, la bonne nouvelle, c’est, qu’in fine, les électeurs de Monsieur Mélenchon et de Madame Le Pen, qui sont très mécontents et ils ont raison de l’être parce que la situation n’est pas bonne, vont peut-être revenir dans un champ démocratique plus constructif (…) L’enjeu essentiel de cette loi, c’est de créer des conditions ».

Loi travail : Faut-il craindre le verdict de la rue ?
16:53

Le "Match des idées" en intégral

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi travail : « une situation un peu baroque » selon l’économiste Henri Sterdyniak
4min

Politique

Réquisitions contre Marine Le Pen : « J'attends avec impatience le jugement, parce qu'on veut savoir comment va se dérouler notre élection présidentielle », déclare Laurent Jacobelli

Quatre ans de prison, dont un ferme aménageable, et cinq ans d'inéligibilité ont été requis mardi contre Marine Le Pen dans le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN. En revanche, à l’inverse de la condamnation de première instance, aucune exécution provisoire n’a été demandée par le parquet. « Ça prouve que tout ce que l'on disait lors de la première étape du procès était réaliste », estime Laurent Jacobelli, député et porte-parole du RN.

Le

Paris : Suspension of session of Appeal trial of Marine Le Pen
2min

Politique

Procès en appel des assistants FN : le parquet requiert quatre ans de prison, dont un ferme, et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, mais sans application immédiate

Trois semaines après l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen et de dix autres prévenus dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national), le parquet a présenté ses réquisitions ce mardi. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 avec sursis, 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

Le

Conference pour la relance economique de la ville de Paris
11min

Politique

« Manipulation », « coups de billard », « roue de secours » : la campagne des municipales se tend à Paris, alors que cinq candidats pourraient se retrouver au second tour

Un sondage, qui ouvre pour la premier fois la voie au maintien de cinq candidats au second tour, avec Sarah Knafo qui atteint les 10 %, pourrait « changer tout » à l’issue du scrutin. La candidate Reconquête devient « un caillou dans la chaussure de Dati », qui ne progresse pas, relève-t-on à gauche, alors que du côté de Pierre-Yves Bournazel, la tension est palpable, un élu Horizon l’accusant de vouloir « faire élire un maire de gauche ». Pour éviter la dispersion, les équipes de Dati et de Grégoire misent sur « le vote utile ».

Le