Lubrizol : le préfet de Normandie pointe les limites du système d’alerte
Suite à l’incendie spectaculaire de l’usine Lubrizol à Rouen, le préfet de Normandie a été auditionné par la commission d’enquête sénatoriale. Les sénateurs l’ont notamment interrogé sur les failles de la communication adoptée et sur la prise en charge des risques de toxicité.  

Lubrizol : le préfet de Normandie pointe les limites du système d’alerte

Suite à l’incendie spectaculaire de l’usine Lubrizol à Rouen, le préfet de Normandie a été auditionné par la commission d’enquête sénatoriale. Les sénateurs l’ont notamment interrogé sur les failles de la communication adoptée et sur la prise en charge des risques de toxicité.  
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le préfet de la région Normandie a été auditionné par la Commission d’enquête sénatoriale chargée d’évaluer l’intervention des services de l’État dans la gestion de l’incendie de l’usine Lubrizol. À froid, les sénateurs cherchent à identifier les principaux dysfonctionnements et d’établir des recommandations pour améliorer la gestion de ce type d’incident. Sous le feu des questions, le préfet s'est montré évasif sur certains points. 

Le préfet de la région Normandie, Pierre-André Durand, a largement été interrogé sur les failles dans la communication de crise adoptée ce jour-là. Une sénatrice a évoqué « une communication de crise dépassée avec des messages contradictoires et flous qui auraient généré la défiance de la population ». Le préfet de Normandie n’a pas eu de difficulté à reconnaître que sur certains aspects, comme les sirènes, les dispositifs s’avèrent datés et mal adaptés.

« On a su passer du tocsin à la sirène au début du XIXe siècle, je pense qu’au XXIe siècle il faudrait, au moins sur les sites très industriels, que nous passions au cell broadcast »

Scène révélatrice, alors que Pierre-André Durand exposait les consignes à suivre lors du déclenchement d’une sirène, un sénateur l’interrompt : « Mais qui sait cela à part vous, Monsieur le préfet ? » À Rouen, deux sirènes situées près du site ont été activées à 7h45. Le préfet a expliqué n’avoir pas souhaité enclencher ces sirènes plus tôt ni activer toutes les sirènes par crainte de créer un vent de panique. « On a su passer du tocsin à la sirène au début du XIXe siècle, je pense qu’au XXIe siècle il faudrait, au moins sur les sites très industriels, que nous passions au cell broadcast », plaide le préfet de Normandie. Le cell broadcast permet, par le bornage des téléphones, d’envoyer des messages à tous les téléphones qui dépendent d’une zone.

Concernant la communication en direction des maires, Pierre-André Durand préconise de protocoliser le dispositif GALA (gestion de l'alerte locale automatisée). Un outil déjà existant mais qui mérite des améliorations d’après le préfet.

Lubrizol : « Sur la question des risques chroniques, je n’ai pas d’éléments particuliers à vous donner », répond le préfet de Normandie
04:41

Face aux questions de la sénatrice de la Charente, Nicole Bonnefoy, concernant les risques de toxicité, le préfet est resté plus évasif. Faute « d’éléments particuliers », il ne lui a pas répondu sur la question des risques chroniques, invitant la sénatrice à questionner la DREAL (direction régionale de l’Environnement, de l’aménagement et du logement de Normandie). Le directeur de la DREAL sera auditionné cet après-midi par la même commission. Idem, concernant les fûts stockés dans l’usine responsables de l’odeur pestilentielle subie par les Rouennais. Le préfet ne connaît pas la composition chimique de ces fûts (voir la vidéo ci-dessus). 

Pierre-André Durand a également été amené à s’expliquer sur le retard avec lequel la liste des produits chimiques stockés dans l’usine a été portée à la connaissance du public. Selon le préfet, ce retard serait dû à l’exploitant qui par deux fois a transmis des « listes illisibles » aux autorités.

Son audition est suivie de celle du directeur de régionale de l’Environnement, de l’aménagement et du logement de Normandie et celle Jean-Yves Lagalle, Directeur du service départemental d'incendie et de secours de Seine-Maritime.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lubrizol : le préfet de Normandie pointe les limites du système d’alerte
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le