Macron a fait sa rentrée au collège, avant les devoirs du remaniement
Emmanuel Macron s'est accordé un peu de répit lundi en participant à la rentrée scolaire dans un collège de Laval, avant une...

Macron a fait sa rentrée au collège, avant les devoirs du remaniement

Emmanuel Macron s'est accordé un peu de répit lundi en participant à la rentrée scolaire dans un collège de Laval, avant une...
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Par Baptiste PACE avec Laurence BENHAMOU à Laval

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Emmanuel Macron s'est accordé un peu de répit lundi en participant à la rentrée scolaire dans un collège de Laval, avant une journée cruciale mardi, entre annonce attendue du remaniement et réunion au sommet sur le sort du prélèvement à la source.

Le chef de l'État, en difficulté dans les sondages, est apparu très détendu durant les cinq heures passées dans le collège Jules-Renard de Laval. Il s'est rendu dans trois classes, s'amusant à échanger et à poser de nombreuses questions aux élèves sur leur emploi du temps, leurs lectures ou leurs préférences footballistiques.

M. Macron a ensuite rencontré des élus locaux, avant de défendre sa politique au contact des habitants. Les questions portaient sur la pension d'invalidité, le montant des retraites... "Je ne peux pas augmenter tout le monde", a-t-il notamment argumenté.

Le président a ensuite regagné Paris pour finaliser le remaniement rendu nécessaire par la démission fracassante de Nicolas Hulot il y a une semaine. La journée de mardi sera également marquée par une réunion cruciale sur le prélèvement à la source.

De son côté, Nicolas Hulot, qui attend la passation de pouvoirs avec son successeur, a expliqué à BFMTV avoir le "coeur triste", l'"esprit léger" et la "conscience tranquille".

A l'Élysée et Matignon, le mutisme est total sur un remaniement éventuellement plus large du gouvernement. Seule certitude: Daniel Cohn-Bendit a écarté l'hypothèse dimanche de succéder à Nicolas Hulot, d'un "commun accord" avec M. Macron.

Le symbole de Mai 1968 n'en a pas moins fait l'apologie de ses favoris: Pascal Canfin, ancien ministre délégué de François Hollande et directeur général du WWF France, ou bien Laurence Tubiana, ex-négociatrice pour la France lors de la COP21.

Parmi les autres candidats potentiels figurent la députée de la majorité Barbara Pompili, le secrétaire d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy Chantal Jouanno ou le président de l'Assemblée nationale François de Rugy.

"Pascal Canfin a rencontré (le secrétaire général de l'Elysée Alexis) Kohler, il doit avoir une rencontre ou un coup de téléphone avec le président, les autres aussi", a déclaré sur Europe 1 M. Cohn-Bendit, qui évoquait également les hypothèses Pompili, Tubiana et Rugy.

-"Amateurisme" selon LR-

Simple remplacement poste pour poste ou reconfiguration politique plus large ? "Compte tenu de ce que Nicolas Hulot incarnait, cela va être compliqué de faire un simple remaniement poste pour poste. Je suis pour qu'on opère un rééquilibrage même a minima sachant que ce gouvernement portera sans doute le fer jusqu'aux élections européennes" en mai 2019, estime un ténor de la majorité LREM, sous couvert d'anonymat.

Un parlementaire de la majorité tablait de son côté sur "un jeu de chaises musicales" au sein du gouvernement, mais avec pas plus de "trois changements".

L'attente du remaniement a semblé figer le calendrier de la rentrée: le séminaire gouvernemental de rentrée prévu vendredi dernier a été repoussé à mercredi. Le petit-déjeuner de la majorité prévu mardi matin est annulé. La conférence de presse du patron de La République en marche Christophe Castaner, prévue mardi, a été reportée à lundi prochain.

Autre problème à résoudre au tableau noir de l'Elysée: le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, objet de déclarations contradictoires ces derniers jours, entrera-t-il en vigueur comme prévu au 1er janvier ?

Emmanuel Macron a semé le doute jeudi depuis Helsinki, expliquant attendre des "réponses" avant de donner la "directive finale" pour cette réforme adoptée sous François Hollande et déjà repoussée une fois.

Lundi en Mayenne, devant des élus, M. Macron a estimé qu'une mise en oeuvre ratée de cette réforme pouvait "brûler un capital politique", estimant que "ceux qui le poussent" à le faire "ne seront pas là" pour le défendre en cas de problème, selon des participants.

Le président devrait réclamer des garanties solides au ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a défendu tout le week-end "sa" réforme, lors d'une réunion mardi à l'Elysée, à laquelle participera également le Premier ministre Édouard Philippe. Mais il n'est "même pas sûr que (la réunion) soit décisionnelle", glisse une source gouvernementale.

Les Républicains (LR) ont brocardé "l'amateurisme au sommet de l'État" et réitéré leur appel à un abandon de cette réforme, également contestée par le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui plaide pour une "mensualisation généralisée".

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