Macron en visite culturelle à Besançon, à la veille des blocages des « gilets jaunes »
Emmanuel Macron a inauguré vendredi à Besançon (Doubs) le musée rénové des Beaux-arts et d'archéologie, à la veille du mouvement...

Macron en visite culturelle à Besançon, à la veille des blocages des « gilets jaunes »

Emmanuel Macron a inauguré vendredi à Besançon (Doubs) le musée rénové des Beaux-arts et d'archéologie, à la veille du mouvement...
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Emmanuel Macron a inauguré vendredi à Besançon (Doubs) le musée rénové des Beaux-arts et d'archéologie, à la veille du mouvement des "gilets jaunes" dont l'ampleur reste une inconnue inquiétante pour l'exécutif.

Arrivé vers 11h50, le chef de l’État a visité ce musée dont la création remonte à 1694, ce qui en fait le plus ancien de France, et qui rouvre le soir même au public après 4 ans de travaux.

Dans un discours devant un millier de personnes, réunies sous un chapiteau dressé place de la Révolution, il en a profité pour récapituler sa politique culturelle, aux côtés de son nouveau ministre de la Culture Franck Riester.

Un sujet qui lui est cher mais sur lequel il ne s'est jusqu'ici que rarement exprimé.

Pendant ce temps, à l'appel de quatre syndicats (CGT, Solidaires, FO, Sud) et du PCF, quelque 200 manifestants se sont rassemblés sur un parking avant de s'approcher à 200 mètres de la place de la Révolution. Maintenus à distance par les CRS, ils sont scandés "Macron démission" et "Macron, tes réformes, tu sais où on se les met". Aucun "gilet jaune" n’était visible dans ce groupe.

Le mouvement s'annonce pourtant samedi très suivi dans la région, de nombreux automobilistes ayant posé le vêtement sur leur tableau de bord.

Pourtant, ce n'est pas un protestataire contre la hausse des taxes sur les carburants mais un défenseur de l'environnement qui a cherché à l'interpeller vendredi.

A la fin du discours, alors que l'assemblée applaudissait, ce jeune homme a brandi une pancarte où était inscrit "Succès impopulaire 2019 ? L’Écologie ?" avant d'être rapidement sorti de la salle par un officier de sécurité.

"On n'a pas tant d'occasions dans un mandat d'inaugurer un musée", s'est félicité le chef de l’État devant une assistance très bienveillante. "Ce musée est d'abord un grand musée européen, avec les courants de nombreux pays d'Europe, de l'antiquité byzantine jusqu'à la peinture du XXe siècle, avec des tableaux de Cranach, Courbet ou Bonnard", a-t-il dit.

Il a ensuite défendu l'action du gouvernement pour "ouvrir davantage nos bibliothèques". "Partout où cela correspond à un besoin, je suis pour l'ouverture plus longue ou des jours nouveaux des bibliothèques", a-t-il dit, promettant que l’État apportera "les financements nécessaires".

Il a aussi promis que son ministre allait "peaufiner dans quelques semaines ou quelques mois" le "pass culture" pour les jeunes de 18 ans.

Cette visite est pour Emmanuel Macron une nouvelle occasion d'aller "au plus près" des Français, avec qui il a promis dans son interview sur TF1 de chercher à améliorer ses relations. "Pas tout à Paris", avait-il assuré mercredi soir.

Il devait déjeuner vendredi avec les élus locaux, en pleine période de tensions avec des collectivités qui se sentent souvent délaissées. Il renouvellera ses efforts d'apaisement en s'adressant à plus de mille maires mercredi soir à l’Élysée, mais laissera Édouard Philippe clôturer le Congrès des maires de France le lendemain.

Le chef de l'État retourne sur le terrain une semaine après sa longue "itinérance mémorielle" dans l'est et le nord, voyage qui l'a confronté à la colère de Français mécontents de la hausse des taxes sur les carburants et de la baisse de leur pouvoir d'achat.

Emmanuel Macron vient là en terre amicale : son hôte, le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, est un partisan de la première heure qui dirige aussi l'institut de formation des cadres de La République en Marche.

Petit moment de détente durant la visite du musée, Emmanuel Macron et les personnalités qui l'accompagnaient se sont esclaffés devant un portrait signé François Gérard, tant il ressemblait à Gérard Larcher, le président du Sénat.

leb-nep/dch/sd

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