De la tentative d'intrusion dans un théâtre parisien où Emmanuel Macron assistait à une pièce à la prise à partie de Marlène Schiappa lors d'une...
Macron et le pouvoir à l’épreuve de la détestation
De la tentative d'intrusion dans un théâtre parisien où Emmanuel Macron assistait à une pièce à la prise à partie de Marlène Schiappa lors d'une...
Par Paul AUBRIAT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
De la tentative d'intrusion dans un théâtre parisien où Emmanuel Macron assistait à une pièce à la prise à partie de Marlène Schiappa lors d'une réunion publique, la contestation du pouvoir a pris un tournant radical ces derniers jours, dans une forme d'écho à la crise des "gilets jaunes".
"Nous assistons à des actes des mouvements sociaux totalement inédits", constate l'historien Jean Garrigues, professeur à l'université d'Orléans qui évoque "une +gilet-jaunisation+ du mouvement contre les retraites" et une "hystérisation du débat dans l'espace public" autant qu'une "radicalisation inédite sous la Vème République".
Plusieurs dizaines d'opposants à Emmanuel Macron se sont rassemblés vendredi soir devant le théâtre des Bouffes du Nord où il passait la soirée. Ils ont tenté d'entrer avant d'être repoussés par les forces de l'ordre.
La veille, la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa avait dû faire face à des opposants lors d'une réunion publique - elle avait dénoncé des tentatives d'intimidation -, alors que plusieurs cérémonies de vœux de députés LREM ou de membres du gouvernement ont été annulées. Le ministre de la Culture, Franck Riester, y a notamment renoncé après l'annonce d'une action syndicale.
"Les manifestants sont dans la continuité des +gilets jaunes+", estime Jean Garrigues. L'historien note une base de militants qui a "totalement débordé les dirigeants syndicaux" et, plus généralement, "le symptôme d'une société en crise", avec une coupure "très marquée entre la population et ses élites".
"On considère par ailleurs que ce qui nourrit la violence, c'est que les concessions de l'année dernière lors de la crise des +gilets jaunes+ ont été faites sous la pression de la violence", poursuit-il.
Au plus fort de la crise, en décembre, le chef de l'Etat est apparu sonné par la violence du rejet de sa personne, symbolisé par les "Macron démission" repris en choeur dans les rassemblements ou par les huées et insultes de manifestants furieux coursant son convoi lors d'une visite au Puy-en-Velay.
"C'est le pouvoir en lui-même qui est contesté, y compris dans son incarnation de la démocratie représentative", souligne Jean Garrigues.
Dans la majorité, on entend relativiser et on conteste "tout climat insurrectionnel": "Une petite minorité qui se radicalise", selon le patron de La République en marche, Stanislas Guerini. "Des noyaux très restreints qui décident de créer un incident", pour le sénateur Alain Richard.
- La cocotte-minute -
En leur temps, les présidents Nicolas Sarkozy ou François Hollande avaient dû essuyer des manifestations de défiance déjà jugées à l'époque inédites.
Les deux avaient connu portraits brûlés, effigies pendues et insultes lors de nombreux déplacements, devant des marins-pêcheurs, au Salon de l'agriculture ou lors d'une cérémonie du 11-Novembre. Lundi, Daniel Cohn-Bendit, un proche d'Emmanuel Macron, a également rappelé que le général de Gaulle avait été visé par de nombreuses tentatives d'attentat.
Manifestation anti-Lacron à Versailles le 20 janvier 2020
AFP
Mais la personnalité du chef de l'État, cible numéro un dans toutes les manifestations, et surtout les conditions de son accession au pouvoir, donnent à la contestation actuelle une acuité nouvelle, selon le politologue Stéphane Rozès: si la "dépression française dure depuis environ trois décennies", Emmanuel Macron ne tient, selon lui, "pas sa promesse initiale de remettre le pays en place" et "de rompre radicalement avec l'ancien monde", poursuit l'enseignant à Sciences Po et HEC, également président de Conseils, analyses et perspectives (CAP).
Jean Garrigues abonde: "C'est une sorte de cocotte-minute mais, quelque part, Emmanuel Macron a soulevé lui-même le couvercle en faisant exploser le système binaire gauche-droite en 2017. Il en est le premier symptôme: c'est là tout le paradoxe", note le chercheur, qui pointe la posture jupitérienne des débuts du quinquennat, selon lui restée - négativement - dans l'opinion.
Certains proches du chef de l'État ne cachent plus leur inquiétude: "Il faut admettre que le rassemblement prôné en 2017 est un échec", désespère un marcheur de la première heure, qui déplore "un manque d'ambition du quinquennat" et "la promesse de renverser la table" non-tenue.
Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».
Les huit principaux candidats à l’élection municipale de Brest ont débattu sur Public Sénat, en partenariat avec Tébéo et Le Télégramme. Du débat sur la création d’une police municipale, jusqu’à l’enclavement de la ville en passant par la crise du logement que connaît Brest, retrouvez les échanges entre les candidats.
Après un week-end de tâtonnements, l’administration américaine et Donald Trump a finalement employé le terme de « guerre » pour qualifier l’intervention américaine en Iran. Une loi de 1973, permet certes au Président américain de déclencher une intervention militaire limitée, mais selon la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Deux résolutions vont être examinées au Congrès cette semaine pour tenter de limiter les pouvoirs de l’exécutif. Sans chances de succès, pour le moment. Explications.
Le président de la République prononcera une allocution sur la guerre en Iran et ses répercussions au Proche et Moyen-Orient ce mardi à 20H00, a annoncé l'Elysée.